Ce devait être la sensation de ce début d’année à Wall Street. L’introduction en bourse de King Digital, l’éditeur du célèbre jeu pour smartphones Candy Crush, a viré à la bérézina. Le titre a perdu 15,6% lors de cette première journée, soit environ un milliard de dollars de capitalisation boursière.

Il faut dire que le groupe avait placé la barre haut, se valorisant à plus de sept milliards de dollars alors que les analystes l’estimaient entre 4,5 et 5,5 milliards. Surtout, King Digital a réveillé de mauvais souvenirs à Wall Street, celui de l’introduction en bourse du groupe Zynga qui a depuis perdu la moitié de sa valeur. Encore plus que Zynga en 2012, l’essentiel des revenus de King provient d’un jeu, certes joué par près de 100 millions de personnes dans le monde mais qui sera tôt ou tard supplanté par un autre passe-temps électronique.

King est loin d’être le seul studio de jeux pour mobiles et les barrières à l’entrée sur ce marché sont très faibles. En s’alignant sur les valorisations de poids lourds du secteur, comme l’américain Electronic Arts, le groupe a fait preuve d’un optimisme que ne partagent pas les investisseurs. Mais la sanction boursière d’hier pourrait s’avérer salutaire. Elle démontre un certain discernement au milieu de l’engouement pour les « valeurs technologiques ».

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