Avec quelque 60 millions d’utilisateurs, dont un peu plus de 8 millions en France, Viadeo est l’un des rares acteurs de l’internet français connus du grand public. Créé en 2004, le réseau social professionnel a su se faire un nom à l’ombre du géant américain du secteur, LinkedIN (300 millions de membres), dont la capitalisation boursière dépasse désormais les 20 milliards de dollars.

Le Français vise une valorisation beaucoup plus modeste, d’environ 150 millions d’euros, à l’occasion de son introduction en bourse. Celle-ci aura lieu le 2 juillet sur Euronext Paris (compartiment B). Elle doit permettre à la société de lever entre 35 et 46 millions d’euros et d’accélérer son développement en Chine, où il s’est implanté en 2008 en rachetant la société Tianjin. « Nous sommes aujourd’hui le premier réseau social professionnel en Chine, avec 20 millions d’utilisateurs. Nous voulons conserver cette place de numéro un et visons à moyen terme 50 millions de membres dans le pays », indique Dan Serfaty, PDG et cofondateur de Viadeo. L'enjeu à court terme est avant tout de monétiser cette audience, car le site chinois ne génère qu'un faible chiffre d'affaires à l'heure actuelle. Le groupe entend renforcer ses équipes commerciales afin d'attirer les annonceurs mais n'envisage pas de faire payer d'abonnement aux internautes chinois contrairement à ce qu'il a réussi à faire en France.

« Nous estimons que le potentiel du marché adressable par notre réseau est de plus de 30 milliards de dollars et que le marché actuel du recrutement en ligne est de 150 à 200 millions d’euros en France et 420 millions de dollars en Chine », précise Dan Serfaty. Le groupe s’est également implanté en Russie et en Afrique de l’Ouest, où son concurrent américain reste peu présent. « Notre stratégie ‘multi-locale’ nous permet d’adapter notre offre aux spécificités de chaque marché », indique le PDG. Toutefois, l’essentiel de son chiffre d’affaires (95%) est réalisé en France. En 2013, ce chiffre d’affaires s’est élevé à 30,1 millions d’euros pour un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 1,1 million. L’exercice s’est soldé par une perte nette de 13,1 millions d’euros due notamment aux investissements consentis dans la modernisation du site et de son interface mobile.

Viadeo table cependant sur une forte croissance au cours des prochaines années, tirée par la Chine et par ses services de recrutement en ligne en France. Le réseau social espère en effet se substituer aux chasseurs de têtes en proposant aux recruteurs un accès à des profils ciblés. Le groupe vise également une marge opérationnelle supérieure à 20% d’ici trois à cinq ans.

Pour connaître les modalités de l'introduction en bourse de Viadeo, cliquez ici.