Amazon n’irrite pas que le monde de l’édition. Les actionnaires du groupe américain font également la grimace après la publication de ses résultats semestriels. Alors que la plupart de ses compatriotes – Google, Facebook, Apple, Microsoft…- ont fait état de confortables bénéfices, le groupe de Seattle a annoncé une perte nette de 126 millions de dollars au deuxième trimestre contre 7 millions un an plus tôt. Les analystes s’attendaient à une perte deux fois moindre.

Côté chiffre d’affaires, Amazon a pourtant su développer son business : ses ventes ont augmenté de 23% par rapport au deuxième trimestre 2013, à 19,3 milliards d’euros. Mais dans le même temps ses dépenses ont explosé : +24% à 18,9 milliards. Le groupe a lourdement investi dans de nouveaux produits, comme le smartphone 3D "Fire", lancé ce vendredi outre-Atlantique, les contenus numériques et un service de livraison le jour même.

Ces investissements vont continuer à peser sur sa rentabilité à court terme. Ainsi le groupe a prévenu que sa perte d'exploitation, qui atteignait déjà 15 millions de dollars ce trimestre, va se creuser pour atteindre 410 à 810 millions de dollars sur les trois mois entamés début juillet.

Pour Virginia Morris, une analyste du cabinet Daymon Worldwide citée par l'AFP, ces investissements font «partie d'une stratégie plus large d'Amazon» consistant à multiplier les points de connexion avec les consommateurs. «Il s'agit de tout faire pour tous les consommateurs, et la rentabilité finira par venir», affirme-t-elle.

Cependant Wall Street n'est pas du même avis. Le titre Amazon perdait plus de 11% vendredi, signant la plus forte chute du Nasdaq 100.