Après l’échec de la mégafusion entre Publicis et l’américain Omnicom, les spéculations vont bon train quant à la prochaine cible du géant publicitaire français. Selon la rumeur du jour, il pourrait s’agir de Criteo, le spécialiste du « retargeting » (ciblage publicitaire sur internet). Cette pépite française, introduite au Nasdaq en 2013, est aujourd’hui valorisée à 1,8 milliard d’euros.

L’algorithme développé par Criteo permet de personnaliser les campagnes publicitaires sur internet en fonction des recherches effectuées par chacun. Au premier trimestre, le groupe basé à Paris a enregistré une croissance de 60,8 % de son chiffre d’affaires à 152,5 millions d’euros, pour un bénéfice net de 3,8 millions d’euros (contre 0,7 million un an plus tôt). « Cette acquisition permettrait de faire évoluer le modèle de Publicis vers une dimension beaucoup plus technologique. Elle permettrait au groupe de constituer une offre propriétaire, et ainsi de faire face à la concurrence des grands éditeurs et plates-formes technologiques », souligne Natixis dans une note. Cependant, l’opération serait risquée. « Si Criteo est pour le moment une offre de référence, il existe un risque qu’elle soit un jour dépassée », ajoute l’analyste.

Le moment semble opportun pour Publicis qui voit sa croissance s’essouffler et a prévenu qu’il lui serait « très difficile » d’atteindre ses objectifs annuels. Le groupe dispose en outre du cash nécessaire à une acquisition d’envergure. D’après Les Echos, les discussions engagées après l’échec de la fusion entre Publicis et Omnicom pourraient se conclure dans les prochains jours. Un prix de 2 milliards d’euros est évoqué. Cependant, Publicis comme Criteo ont indiqué qu’ils « ne commentaient pas les rumeurs ».

Vers 16h25, le titre Criteo grimpe de 18% sur un marché américain quasi stable tandis que Publicis cède 1,7%.