Apple va-t-il devenir le cauchemar de Gemalto ? Après la présentation d’un système de paiement sur mobile auquel le Français n’a pas participé, la firme à la pomme a dévoilé vendredi une carte SIM « universelle » qui remet en cause le modèle partout répandu de communication entre un appareil mobile et l’opérateur téléphonique.

Cette « Apple SIM » permet en effet de changer d’opérateur téléphonique et d’abonnement sans avoir à introduire une nouvelle carte SIM dans son téléphone. « À chaque fois que vous en avez besoin, vous pouvez choisir le forfait qui vous convient le mieux, sans engagement de long terme », souligne le groupe américain « Lorsque vous voyagez, vous pourrez sélectionner un forfait de données d'un opérateur local pour la durée de votre séjour. »

Pour l'heure, ce système n’est disponible que sur les dernières tablettes d’Apple et auprès de quatre opérateurs : trois américains (AT&T, T-Mobile et Sprint aux États-Unis) et un britannique (EE). Mais son usage pourrait se généraliser et entraîner une baisse de la consommation de cartes SIM, l’une des spécialités de Gemalto.

Même si le Français fournit également des solutions logicielles d’accès au réseau pour un grand nombre d’opérateurs, la perte de revenus sur la partie « physique » de l’accès (carte SIM) serait conséquente. « L'incertitude sur la croissance à long terme (de cette activité, ndlr) devrait conduire à un regain de pression sur le multiple payé par le marché », estime Barclays dans une note diffusée ce matin. Le bureau d’études a dégradé son opinion sur Gemalto de "surpondérer" à "sous-pondérer" et ramené son objectif de cours de 87 à 50 euros. Société Générale est un peu moins alarmiste et estime la juste valeur du titre à 65 euros, même en tenant compte d’un scénario noir sur l’activité de cartes SIM.

Après avoir perdu 11% vendredi, l’action Gemalto poursuit sa chute lundi vers 14h15: -6,9% à 55 euros. Le groupe publiera jeudi son chiffre d’affaires du troisième trimestre, et tiendra dans la foulée une conférence où les questions ne devraient pas manquer sur les conséquences à court et moyen terme des annonces d’Apple.