Dure semaine pour Gemalto. Après avoir chuté de 11% en une seule séance, vendredi dernier, le spécialiste de la sécurité numérique abandonnait encore 5% jeudi après-midi suite à la publication de son chiffre d’affaires trimestriel.

Sur les trois mois de juillet à septembre, les ventes ont atteint 626 millions d’euros soit une hausse de 6% à taux de change constants contre +5% sur l’ensemble du premier semestre. C’est l’Asie qui a enregistré la croissance la plus rapide (+18 %) tirée par la solide performance du segment Mobile et par les activités liées au paiement. L’Amérique affiche une progression de +12 % grâce au démarrage du déploiement des cartes de paiement EMV (cartes à puce) aux États-Unis, tandis que l’Europe est en léger repli de (-3 %), a indiqué le groupe dans un communiqué.

Ces résultats sont légèrement inférieurs aux attentes, souligne Oddo Securities. Le consensus tablait sur un chiffre d’affaires de 648 millions. « La croissance s’inscrit dans la lignée du premier semestre (+5%) et provient surtout des activités bancaires avec les premiers déploiements significatifs de cartes EMV aux Etats-Unis et la forte demande de cartes à double interface dans le monde. Les performances des autres principales activités s’avèrent décevantes, avec une absence de croissance dans les télécoms (montée en gamme insuffisante des opérateurs européens depuis le début de l’année) et la sécurité (moindres activités de plateformes/services aux gouvernements à cause des évènements au Moyen-Orient/Afrique) », détaille le bureau d’études.

Les perspectives de l’activité Mobile (téléphonie mobile, machine to machine) inquiètent plus particulièrement les analystes alors qu’Apple vient d’intégrer dans ses iPad une carte SIM utilisable par plusieurs opérateurs, qui pourrait faire disparaître une partie du marché actuel de Gemalto. Le PDG du groupe, Olivier Piou, s’est cependant voulu rassurant sur la portée de cette innovation : « Il y a eu des tas de rumeurs, des théories complotistes, on a parlé de carte SIM dans le cloud, puis de carte SIM logicielle. En fait, c'est une carte SIM très classique, qui offre seulement la possibilité de précharger le profil de plusieurs opérateurs. Elle est fournie par un de nos concurrents, mais nous pourrions en vendre. Cela rend juste plus mobile un appareil, l'iPad, qui était jusqu'à présent essentiellement utilisé en WiFi » a-t-il souligné lors d’une conférence téléphonique (propos rapportés par La Tribune).

Il a par ailleurs confirmé l'objectif à d'un doublement du résultat opérationnel, de 300 millions d'euros en 2012 à 600 millions d’euros en 2017. Cet objectif passe par une forte croissance sur le marché américain qui devrait représenter 20 à 25% du chiffre d’affaires du groupe l’année prochaine contre seulement 15% en 2013, a-t-il précisé à l'agence DowJones.