La récente baisse du titre Gemalto expose le groupe à un risque d’OPA et ne reflète pas ses fondamentaux, d’après son directeur général. « Aux prix actuels nous sommes redevenus clairement opéables, ad nutum », explique-t-il dans une interview aux Echos.

Le titre a cédé 24% depuis le début de l’année et a encore chuté la semaine dernière après la publication d’un chiffre d’affaires légèrement inférieur aux attentes pour le troisième trimestre. Olivier Piou attribue cette baisse à des « rumeurs » et « beaucoup de confusion, très bien orchestrée » sur l’état de ses principaux marchés, confirmant au passage que des fonds spéculatifs anglo-saxons parient à la baisse sur le titre. « Je note que les ventes à découvert sont réalisées par des fonds spéculatifs qui se rattachent à une même racine, Tiger. Ils se nomment eux-mêmes les ‘Tiger cubs’. Malheureusement ces rumeurs font perdre de l’argent aux actionnaires qui s’inquiètent, quand ils décident de vendre ou s’ils doivent vendre pour des raisons techniques, alors que sur le fond la valeur de Gemalto n’a pas changé.», indique-t-il.

Gemalto a été particulièrement chahuté ces deux dernières semaines en bourse après qu’Apple a lancé de nouvelles tablettes permettant de changer d’opérateur sans changer de carte SIM. Un certain nombre d’analystes considèrent qu’Apple empiète ainsi sur l’activité de Gemalto, à l’interface entre les opérateurs et les utilisateurs de smartphones. « Apple ne produira pas de cartes SIM, pas plus qu’avant, et cette carte est une carte bien classique. C’est donc une bonne nouvelle pour Gemalto car cela étend le marché auquel nous nous adressons », rassure Olivier Piou.

Les craintes du DG en matière d’OPA sont elles aussi à relativiser. Déjà en 2009 des craintes d’un rachat du spécialiste de la sécurité numérique avaient circulé, ce qui avait conduit le Fonds stratégique d’investissement (FSI) à entrer au capital et à devenir l’actionnaire de référence du groupe, avec 8,4%. Même si cela ne suffit pas à protéger le groupe d’une OPA, l’Etat veille au grain et peut s’opposer à toute tentative de prise de contrôle hostile. Le décret sur les investissements étrangers adopté en mai dernier dans le cadre du rachat d’Alstom par General Electric pourrait trouver à s’appliquer en cas d’OPA sur Gemalto au regard notamment de ses activités dans le secteur télécom ou dans les documents d’identité (passeports, etc).

Le titre s’adjuge 1,6% vendredi au lendemain d’une hausse de plus de 4%, alors que le CAC 40 gagne près de 2% en fin de matinée.