Après avoir abordé dans un premier temps les questions fondamentales à se poser en amont de la constitution d’un portefeuille d’investissement, ont été traité tour à tour les perspectives d’évolution des marchés boursiers européens pour les mois à venir et les titres pertinents à sélectionner pour commencer son aventure de « boursicotteur ».

Les questions à se poser en amont


Trois questions doivent être posées avant de vouloir initier le chemin du placement en bourse.
Dans quels instruments est ce que je souhaite investir ? La détermination des actifs sur lesquels le positionnement est voulu conditionnera la possibilité d’utiliser le PEA et de bénéficier de la fiscalité avantageuse associée à cette enveloppe.
Quel montant suis-je prêt à miser ? L’idée est de considérer l’argent dont on n’a pas besoin dans l’immédiat compte tenu des mouvements erratiques qui peuvent avoir lieu sur les marchés. 5000 euros est annoncée comme étant déjà une belle somme pour s’exposer à des titres vifs ou acheter des parts de fonds.
Quel cadre me parait le plus approprié pour ouvrir mon portefeuille ? L’idéal est de passer par un broker en ligne, considère-t-on dans la salle. Mais il faut alors faire attention aux frais de courtage et s’attacher à la qualité des services proposés : application smartphone, formation en ligne, planification d’alertes qui permet d’avoir des informations en temps réels sur des titres et autorise une certaine réactivité. Le choix d’emprunter la voie du broker pourra aussi dépendre du profil d’investisseur que l’on est. Dans le cas d’investisseurs non actifs, une vigilance devra être affichée à l'égard des frais d’inactivité qui peuvent largement alourdir la facture à la fin de l’année.

Perspectives sur les marchés financiers

Depuis le début de l’année, les performances des indices actions en Europe ne sont pas franchement brillantes. Le Cac 40 affiche une performance de 1,20% et l’Eurostoxx de 2,71% contre 11,81% pour le S&P 500. Pour Jean-François Arnaud le différentiel s’explique principalement par la différence de situation macroéconomique. Le PIB est attendu à 2,5% aux Etats-Unis contre 0,8% au sein de la zone euro. Les résultats des entreprises américaines ont été bien meilleurs que ceux des entreprises européennes. Alors qu’en début d’année, le consensus tablait sur une hausse des bénéfices en Europe de 13% pour 2014, nous ne sommes plus qu’à 4-5% à présent. L’effet devise a  en cela été très pénalisant. La parité euro dollar a évolué de 1,33 en 2013 à 1,40 au cours des premiers mois de l’année 2014.
Cependant plusieurs facteurs militent pour un redressement de la situation considère le gérant de Talence Gestion : la baisse de la valeur de l’euro à 1,25 qui renforce la compétitivité des entreprises européennes, le repli du cours du baril de pétrole, l’accélération des opérations de fusion acquisition, la faiblesse des taux qui accorde un moindre coût de financement aux entreprises. « Ces différents éléments nous poussent à un optimisme mesuré et nous amènent à penser que le point bas est derrière nous ».

Cet état d’esprit est partagé par Didier Roman pour qui le plan Juncker de 300 milliards d’euros devrait constituer un élément de soutien supplémentaire pour la croissance économique et l’accroissement des profits. « Les opérations de fusion acquisition sont une bonne chose pour les valorisations des titres ce d’autant plus que ces dernières ne sont pas aujourd’hui très élevées. Cependant la mobilisation de fonds pour racheter des entreprises supposent moins de liquidité disponible pour procéder à des investissements productifs » nuance Didier Roman.

Le consensus table pour l’heure sur une progression des bénéfices de 13% en 2015. « Cette perspective est vraisemblable eu égard à l’effet de base en 2014. Il est difficile de faire moins bien en 2014 qu’en 2015. Mais elle est peut paraitre exagérée », commente Jean-François Arnaud.
Tel n’est pas l’avis de Didier Roman pour qui cette prévision pourrait être dépassée en raison de la forte composante change dans les chiffres de nombreuses sociétés européennes.

Si la hausse des bénéfices devrait être un puissant moteur de la performance des actions européennes l’année prochaine ; la Banque centrale européenne  pourrait être à l’origine d’un sursaut supplémentaire. « Nous sommes proches d’une intervention massive de la BCE », présage Jean-François Arnaud.
« Il est probable qu’un programme de quantitative easing soit un point de passage obligé pour relancer durablement la croissance. L’audit des actifs contenus dans le bilan des banques et les stress tests ont été réalisés. Les contraintes qui existent sur les banques sont maintenant connues. La BCE peut agir en connaissance de cause » indique Didier Roman.

Les valeurs à sélectionner

Coté valeurs étrangères, Jean-François Arnaud plaide pour Gamesa, une société espagnole cotée à l’Ibex 35 qui  et pour Wirecard, une société allemande spécialisée dans l’administration des paiements par carte sur Internet. Didier Roman plébiscite de son coté HSBC, Imperial Tobacco et Buwog, une foncière qui enregistre une significative plus-value en Autriche et qui a beaucoup investi en Allemagne.

Parmi les valeurs françaises, un engouement est montré par Didier Roman pour Capgemini, LDLC.com, Solucom, ArcelorMittal, Faurecia, JacquetMetal, Korian, Le Noble Age, et Natixis.

Figurent au sein des favoris de Jean-François Arnaud, Ingenico, Téléperformance, Haulotte, Orpea, STEF-TFE, et la Fnac.