Gemalto entend ménager ses principaux marchés. Le spécialiste français de la sécurité numérique a réaffirmé jeudi qu’il ne poursuivrait pas les gouvernements américain et britannique pour les attaques informatiques dont il a été victime en 2010 et 2011.  « Ce n'est pas notre intention de poursuivre ni le gouvernement américain ni le gouvernement anglais car ce sont des batailles très aléatoires, très longues et très coûteuses », a expliqué le directeur général du groupe Olivier Piou lors de la présentation des résultats annuels du groupe.

Le 19 février dernier le site The Intercept avait révélé l’existence de ces attaques. Selon des documents confiés au site par Edward Snowden, les services secrets américains et britanniques auraient réussi à dérober les clés d’encryptage de cartes SIM fabriquées par Gemalto et utilisées dans les téléphones portables un peu partout dans le monde.

Gemalto a confirmé la réalité de ces attaques et affirme avoir corrigé sur-le-champ les failles de sécurité. « A l'époque, nous n'avons pas pu identifier les auteurs de ces attaques mais maintenant nous pensons qu'elles pourraient être liées à l'opération du GCHQ et de la NSA », les agences de renseignement britannique et américaine, selon un communiqué du groupe publié la semaine dernière. 

En dépit de ces soupçons le groupe veut éviter de faire des vagues. « Personne n'a demandé de rappel de cartes », a insisté Olivier Piou ce jeudi, soulignant par ailleurs la demande forte en solutions de cybersécurité fournies par Gemalto. Le groupe table sur une hausse à deux chiffres de ses revenus en 2015 après une progression de 3% en 2014. Les ventes devraient être tirées cette année par les activités de cybersécurité auprès des gouvernements comme des entreprises mais aussi par la division paiement. « Les cartes de paiement EMV (cartes à puce, ndlr) maintiennent une dynamique commerciale vigoureuse partout dans le monde », note Gemalto. C’est particulièrement le cas aux Etats-Unis où les ventes ont progressé de 32% l’année dernière.