A mesure que les outils connectés à internet se développent dans les entreprises, la menace informatique grandit elle aussi. Les derniers exemples en date - la prise de contrôle du site internet de TV5 Monde par le groupe Etat islamique et le vol de données fiscales de quelque 100 000 contribuables américains - rappellent qu’aucune entreprise ou administration n’est à l’abri. Les attaques ont souvent lieu de l’intérieur même des entreprises, via les comptes d’administrateurs qui permettent de s’introduire et de prendre le contrôle d’un système d’information. C’est à cette faille des « comptes à privilèges » que la société française Wallix entend s’attaquer.

Son logiciel, baptisé Wallix AdminBastion (WAB) est conçu comme un sas d’entrée pour toute personne amenée à s’introduire dans un système d’information « Cela concerne les membres de l’entreprise (responsables informatiques) mais aussi les prestataires externes », souligne Jean-Noël de Galzin, cofondateur et Président du Directoire de Wallix. Une fois identifiés et autorisés à se connecter, leurs actions sont enregistrées et donnent lieu à des alertes si elles ne correspondent pas à une utilisation normale du système.

La société, qui compte 220 clients à ce jour, a réalisé un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2014, dont un tiers à l’international. « Nous avons enregistré de nombreux succès commerciaux en 2014, avec le gain d’une centaine de nouveaux clients (Alain Afflelou, AMF, Danagaz, Gulfair, Quick, société du Grand Paris,…)», précise son directeur. En s’introduisant en bourse, elle entend accroître sa visibilité sur un marché dominé par l’américain Cyberark (100 millions de chiffre d’affaires en 2014) mais où les grands éditeurs de logiciels (Oracle, SAP, etc) n’ont pas encore pris position.

« Notre objectif est d’atteindre 50% de revenus à l’international en 2016. Cela passe par le renforcement de nos équipes commerciales mais aussi par des partenariats stratégiques avec des éditeurs, fabricants ou fournisseurs d’infrastructures, notamment les hébergeurs », indique Jean-Noël de Galzin. Les fonds levés lors de l’introduction en bourse, estimés entre 7,5 millions et 9,9 millions d’euros, serviront à renforcer les équipes commerciales en Europe et à enrichir le logiciel. La société a déjà investi 1,5 millions d’euros en 2015 afin de lancer début 2016 deux nouveaux modules de gestion des mots de passe. «Wallix disposera ainsi d’une suite logicielle complète lui permettant d’adresser la totalité du marché mondial du Privileged Account Management (PAM), estimé à 450 millions de dollars en 2013, et attendue en croissance annuelle soutenue pour atteindre 1 milliard de dollars d’ici 2018 », explique-t-elle. Wallix est bien positionné pour capter cette croissance, selon les analystes de Louis Capital Markets mais ces derniers ne prévoient pas de bénéfices avant 2017 (la société a publié une perte de 321 000 euros en 2014).

Cliquez ici pour connaître les modalités de l'introduction en bourse.