A l’instar de la biotech made in France, la French Tech (entreprises du numérique) veut apparaître sur le radar des investisseurs américains. Le gouvernement est prêt à l’y aider. La secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire révèle dans une interview au journal Le Monde qu’elle organisera une rencontre, au mois d’octobre prochain à Paris, entre les principaux fonds américains spécialisés et des entreprises technologiques tricolores. « Nous ferons venir à Paris les start-up les plus emblématiques de tout le territoire, afin qu’elles montrent aux investisseurs le niveau et la qualité de ce qu’elles font », indique Mme Lemaire.

Paris espère ainsi rattraper son retard sur Londres, qui concentre aujourd’hui l’essentiel des investissements américains dans le digital en Europe. D’après une étude du cabinet EY publiée mercredi, plus de 1000 projets d'investissements directs à l'étranger dans le secteur de la technologie ont été concrétisés à Londres entre 2005 et 2014, contre 381 pour Paris et 853 pour la France entière. Une grande part de ces investissements provenaient de fonds américains, selon une autre étude réalisée par Oxford Economics.

Une course aux licornes

Depuis le lancement de l’initiative Tech City par la mairie de Londres en 2010, le nombre de sociétés dans le secteur digital a augmenté de 46% et le nombre de salariés de 17%. Le secteur emploie aujourd'hui près de 200 000 personnes pour un chiffre d’affaires estimé à 18 milliards de livres sterling en 2015. Si Paris voit naître de nombreuses start-up, Londres abrite déjà plusieurs « licornes », ces sociétés valorisées un milliard de dollars ou plus.

« Londres et le Royaume-Uni se sont développés comme le siège incontesté des licornes en Europe. Notre rapport montre que l'Europe dispose d'un réseau d'entrepreneurs et d'investisseurs qui peuvent créer et développer des entreprises numériques performantes au niveau mondial », commente Manish Madhvani, directeur général du cabinet GP Bullhound. Des succès comme celui de Criteo, le spécialiste français du reciblage publicitaire, qui a fait son entrée au Nasdaq, mais aussi les nombreuses innovations présentées par les entreprises françaises lors du Consumer Electronic Show de Las Vegas, devraient aider ces investisseurs à traverser la Manche.

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