Ubisoft et Gameloft vont-ils pouvoir rester indépendants ? Une semaine après l’arrivée « non sollicitée » de Vivendi dans leur capital, le groupe dirigé par Vincent Bolloré précise ses intentions : « Ces investissements s’inscrivent dans une vision stratégique de convergence opérationnelle entre d’une part les contenus et plateformes de Vivendi et de l’autre les productions d’Ubisoft et Gameloft dans le domaine des jeux vidéo. Le Groupe ne s’interdit pas d’augmenter sa participation dans ces deux sociétés en fonction des conditions de marché et se réserve la faculté, le moment venu, de demander à être représenté à leur conseil d’administration ».

De fait Vivendi a augmenté ces derniers jours sa participation dans les deux studios fondés par les frères Guillemot, dont il détient désormais 10,39 % et 10,20 %. Au total le groupe a déboursé 280 millions d’euros pour racheter ces titres sur le marché, dont 244 millions pour Ubisoft dont il est désormais le principal actionnaire. Bien plus q'un simple placement, comme il l’avait initialement annoncé, ces prises de participation donnent à Vincent Bolloré les moyens de peser sur la stratégie des deux groupes.

Certains analystes évoquent déjà une fusion entre Ubisoft et Gameloft sous la houlette de Vivendi. « Cette initiative peut paraître surprenante, mais nous paraît toutefois pertinente, compte tenu de la stratégie de développement de Vivendi sur les contenus, à la fois horizontal (accroissement du volume) et vertical (expertise un nouveau segment, les jeux vidéo) », écrit Natixis. Le bureau d’études s’inquiète toutefois du caractère hostile de l’opération qui risque d’affecter l’activité des deux studios ces prochains mois.

Vers 11h50, Ubisoft avance de 0,2% à 25 euros et Gameloft de 2,2% à 4,5 euros, tandis que Vivendi recule de 1,7%.