Après Criteo en 2013 et Viadeo en 2014, deux nouvelles sociétés internet « made in France » s’apprêtent à faire leurs premiers pas en bourse. Les débuts sur la place parisienne de Deezer et Showroomprive sont prévus le même jour, le 30 octobre, même si Deezer a été le premier à lancer le processus d’introduction.

Le groupe pionnier du l’écoute de musique en ligne entend lever environ 300 millions d’euros afin d’accélérer sa croissance internationale et de rattraper son retard sur le suédois Spotify, leader sur ce marché avec 20 millions d’abonnés payants. Un service concurrent lancé par Apple en juin dernier a quant à lui conquis autant d’abonnés que Deezer depuis sa création (6,5 millions). Le groupe français va donc devoir mettre les bouchées doubles. « Cette introduction en Bourse est un moment clé dans l'histoire de Deezer (…) qui nous permettra d'accélérer notre croissance et de continuer à jouer un rôle majeur à l'avant-garde de la révolution musicale qui s'ouvre avec le streaming », affirme Hans-Holger Albrecht, le directeur directeur général. L'offre qui a démarré le 15 octobre se termine ce soir. Le groupe fixera le prix d’émission dans une fourchette de 36,40 à 49,24 euros qui le valorise entre 900 millions et 1,1 milliard d’euros.

Showroomprivé, de son côté, a bâti son succès sur le déstockage en ligne de grandes marques. Contrairement à Deezer, il est rentable et vise un résultat brut d’exploitation (Ebitda) de 22 millions en 2015. Il espère lever entre 260 et 330 millions d’euros lors de son introduction en bourse (l’offre au public se termine mercredi). Cependant l’essentiel de cette somme provient de la cession d’actions existantes par les actionnaires historiques, notamment le fonds Accel Partners. Seulement 50 millions d’euros d’argent frais serviront au développement et à d’éventuelles acquisitions. Le groupe accueillera par ailleurs de nouveaux investisseurs institutionnels dont le chinois Vipshop Holding qui détiendra 2 à 4% du capital à l’issue de l’opération.  La capitalisation boursière de Showroomprivé devrait se situer aux alentours de 900 millions d’euros. L’introduction en bourse est « une étape supplémentaire dans notre développement qui permettra d'accroître notre visibilité, notamment à l'international, et de disposer d'armes supplémentaires pour continuer à grandir », souligne Thierry Petit, l'un des deux dirigeants-fondateurs. A l’heure où les valeurs technologiques américaines battent des records de levées de fonds, espérons que les français en profitent et concrétisent leurs ambitions dans ce domaine.