Mauvais timing pour Deezer. Le groupe d'écoute de musique à la demande sur Internet a reporté sine die son introduction à la Bourse de Paris, invoquant des « conditions de marché » défavorables. Selon une source citée par Reuters le groupe n’a pas réussi à remplir son carnet d’ordres. Deezer espérait lever 300 millions d’euros et visait une capitalisation comprise entre 900 millions et 1,1 milliard d’euros. La cotation du groupe devait commencer mercredi sur Euronext Paris, sous la forme de promesses d'actions.

Davantage que les conditions des marchés financiers, qui sont assez favorables aux introductions en bourse en cette fin d’année, l’évolution du contexte concurrentiel de la société peut expliquer en partie l’échec de son IPO. Pionnier de l’écoute de musique en streaming, en 2007, Deezer a longtemps tâtonné avant de trouver son business model. Aujourd’hui disponible dans 180 pays, le service compte 6 millions d’abonnés payants là où son concurrent Spotify, créé en 2008, en revendique 20 millions. L’arrivée d’Apple sur ce marché a en outre pu faire figure d’épouvantail pour les investisseurs. Lancé en juin dernier, le service Apple Music aurait déjà conquis 6,5 millions d’abonnés.

Deezer comptait sur l’introduction en bourse pour augmenter sa visibilité et lutter contre cette concurrence de plus en plus vive. Le groupe, qui vise un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros en 2018 contre 142 millions en 2014, affirme avoir les moyens de poursuivre son développement en dehors du marché, et précise qu’il évaluera « dans le futur » ses différentes options de financement.

Cependant ce revers porte un coup aux actionnaires dispersés de Deezer dont Xavier Niel, le patron de Free, qui détient 4% du capital, les maisons de disques (Warner, Sony, Universal et EMI) dont les participations totalisent 16% du capital ou encore Orange (11,7%).