Le numéro deux mondial des cartes à puces derrière Gemalto, Oberthur Technologies, a annoncé lundi une forte croissance de son chiffre d’affaires et de son résultat brut d’exploitation. Sur les neuf premiers mois de 2015, le chiffre d’affaires a progressé de 22,6% à 846 millions d’euros (+14% à taux de change constant) grâce notamment à la forte croissance du segment Services financiers, indique le groupe. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) ressort à 134,5 millions d'euros soit une marge de 15,9% contre 14,8% un an plus tôt.

« Nous sommes satisfaits des résultats obtenus par la mise en œuvre de notre stratégie, avec une forte progression de notre marge d’EBITDA et un excellent taux de conversion des flux de trésorerie disponibles. Suite à la transformation de la société au cours des trois dernières années et au regard de la dynamique observée sur nos marchés, OT est très bien positionné pour le futur», commente le directeur général, Didier Lamouche, dans un communiqué.

Pas de précision sur l'IPO

Créée à Rennes en 1852 par François Charles Oberthür, la société a longtemps alimenté la France en calendriers des Postes et en formulaires de déclaration des impôts. Elle a été retirée de la cote en 2008, et l'essentiel de ses activités ont été vendues trois ans plus tard au fonds américain Advent International (l'impression de haute sécurité restant aux mains des propriétaires, sous le nom d'Oberthur Fiduciaire). Oberthur est aujourd'hui le numéro deux mondial des cartes de paiement à puce et des cartes SIM dont il gère la fabrication mais aussi la sécurisation informatique. Le groupe est aussi actif dans les services d'activation à distance, la sécurisation des objets connectés et la fabrication de documents d'identité.

Mi-octobre, Oberthur a déposé son document de base auprès de l’Autorité des marchés financiers, en vue de réaliser une nouvelle introduction en bourse. Il entend lever entre 500 et 600 millions d’euros afin de saisir les opportunités qui s'offrent à lui, notamment dans les objets connectés, mais aussi et surtout de réduire le fardeau de sa dette. Celle-ci culmine aujourd’hui à 6 fois l’Ebitda et entraîne les comptes du groupe dans le rouge. Elle doit être réduite à 2,5 fois l’Ebitda à la fin de l’année, sous réserve de la réalisation de l’IPO. Alors qu’on attendait des précisions sur le calendrier et les modalités de l’opération ce lundi, le groupe n’en a pas fourni. « Ni notre actionnaire ni nous ne sommes pris à la gorge. (...) Si, d'aventure, dans les semaines qui viennent, le marché se met à se retourner pour une raison ou pour une autre, et bien on attendra! », avait précisé M. Lamouche le 20 octobre dernier.