Elon Musk et Jeff Bezos partagent le même rêve : conquérir l’espace. Les patrons de Tesla Motors et et d’Amazon y ont chacun consacré une partie de leur fortune personnelle et s’y affrontent malgré eux. Blue Origin, la société fondée en 2000 par Jeff Bezos, a lancé le mois dernier une fusée à 100 km de la Terre qu’elle a réussi à faire revenir à son point de départ, une étape essentielle pour de futurs vols touristiques dans l’espace (il vise 2017).

SpaceX, la société d’Elon Musk, a réussi ce lundi un exploit plus important encore en récupérant un lanceur de satellites après une mission en orbite. La fusée a atteint une altitude de 200 kilomètres avant que le premier étage ne redescende vers la Terre et ne se pose sur un ancien centre d’essais de fusées et de missiles de l’US Air Force. Le deuxième étage a, lui, réussi à placer comme prévu ses 11 satellites en orbite basse autour de la Terre. L’objectif de SpaceX à terme est de pouvoir réutiliser ses lanceurs (1er étage), ce qui ferait chuter les coûts des lancements de satellites. Le groupe a reçu mardi les félicitations de la Nasa.

Tout en soulignant « l’exploit technologique », Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d'études spatiales (CNES), en relativise la portée. « Je rappelle qu'il a déjà existé des lanceurs réutilisables, comme la navette spatiale. Mais lorsqu'elle devait être remise en vol, les coûts étaient très importants » a-t-il déclaré à l’AFP. « Entre un monde parfait où on réutilise en l'état un lanceur un très grand nombre de fois, et un monde réel où il faut remettre les choses d'aplomb, et finalement ça ne fonctionne qu'une ou deux fois, l'écart est très très grand. Il est vrai que des espoirs de gains considérables existent, mais il est aussi vrai que ces derniers restent à démontrer ». Pour Elon Musk, qui a fondé SpaceX à 32 ans, en 2002, il n’est pas question de s’arrêter en si bon chemin. La société a déjà capté 20% du marché des mises en orbite de satellites et assure grâce à son vaisseau Dragon une partie du ravitaillement de la station spatiale internationale ISS. Elle vient d’être retenue par la Nasa pour transporter d’ici fin 2017 des astronautes américains vers l’ISS, un contrat de 2,6 milliards de dollars.