Pour la première fois de son histoire Apple se prépare à une baisse de ses ventes de téléphones ce trimestre. « Nous pensons que les unités d'iPhone vont reculer sur le trimestre » qui s'achèvera fin mars, a reconnu le directeur général, Tim Cook, mardi lors d'une téléconférence avec des analystes. En conséquence le chiffre d’affaires du groupe est lui aussi attendu en baisse, dans une fourchette de 50 à 53 milliards de dollars contre 58 milliards un an plus tôt.

Depuis son lancement en 2007 l’iPhone tire les revenus du groupe à la pomme. Il représente aujourd’hui les deux tiers de son chiffre d’affaires. L'évolution des ventes de l'appareil est donc suivie de très près et les analystes évoquaient avec de plus en plus d'insistance ces dernières semaines un possible recul vu l'environnement macroéconomique difficile et le ralentissement général de la croissance sur le marché mondial des smartphones, qui arrive à saturation. Quant aux tablettes, elles sont elles aussi sur le déclin avec une baisse de 25% des ventes d’iPad au dernier trimestre.

Pour Apple, il devient donc urgent de trouver de nouveaux relais de croissance. Si la montre connectée Apple Watch ou l’Apple TV ont chacune enregistré un « record » de ventes, selon Tim Cook, la firme ne donne aucun chiffre précis sur ces deux produits qui ne semblent pas pouvoir rivaliser avec l’iPhone. L’autre relais de croissance d’Apple réside dans les services et la monétisation du milliard d'appareils actifs à sa marque dans le monde. Le groupe s'est ainsi lancé dans les paiements (Apple Pay, qui doit continuer de s'étendre cette année à de nouveaux pays dont la Chine) ou la musique (Apple Music, qui revendique plus de 10 millions d'utilisateurs payants). Mais là encore difficile de dire s’ils suffiront à enrayer le déclin des ventes.

L’action, qui perdait plus de 2% mardi dans les échanges d’après-bourse, pourrait être à nouveau sous pression à l’ouverture des marchés américains.