Passant outre le refus catégorique du conseil d'administration de Gameloft, Vivendi a relevé mardi le prix de son offre sur l'éditeur de jeux vidéo tricolore, désormais fixé à 7,20 euros par actions contre 6 euros précédemment. Ce "projet d'OPA", qui valorise la société à 615 millions d'euros, a fait bondir le titre de plus de 9% tandis que son grand frère Ubisoft gagnait 6,2%.

S'il ne fait pas encore l'objet d'une offre de la part du groupe de Vincent Bolloré, Ubisoft semble bel et bien être sa prochaine proie. "Vivendi continue de souhaiter l'établissement d'une collaboration fructueuse avec Ubisoft Entertainement, à défaut de quoi Vivendi n'exclut pas de prendre le contrôle d'Ubisoft", prévient le groupe dans une lettre de l'intention envoyée à l'AMF, alors qu'il vient de franchir le seuil de 15% du capital.

Vincent Bolloré pourrait toutefois hésiter avant de lancer une OPA hostile sur Ubisoft, ne voulant pas déstabiliser la société ni faire fuir ses meilleurs créatifs. D'après les analystes il chercherait à établir un rapport de forces afin de contraindre la direction d'Ubisoft à coopérer. Vivendi évoque ainsi une "convergence opérationnelle entre les contenus et les plates-formes de Vivendi et les productions d'Ubisoft dans le domaine des jeux vidéos". Cette perspective ne semble pas réjouir les frères Guillemot, fondateurs des deux éditeurs, qui ont bien l'intention de se battre pour préserver leur indépendance mais n'auront d'autre choix que de chercher un "chevalier blanc" en cas d'OPA.