Uber va-t-il bientôt remercier ses centaines de milliers de chauffeurs ? L'entreprise de VTC assure que non, même si elle a créé la sensation jeudi en annonçant le lancement d'un service de voiture autonome – sans chauffeur, donc - à Pittsburgh, en Pennsylvanie. La ville américaine sert de laboratoire au groupe qui y a implanté son centre de recherche dédié aux voitures autonomes. Des prototypes sillonnent les rues de la ville depuis le mois de mai. Mais Uber veut franchir une nouvelle étape en embarquant des clients. «Ce n'est pas qu'une question de prouesse scientifique», assure Travis Kalanick, PDG d'Uber, dans une interview accordée à Bloomberg Businessweek. «Nous avons de véritables ambitions commerciales.»

Le service doit démarrer d'ici la fin du mois d'août. Dans un premier temps seuls quelques véhicules seront mis sur la route avec à leur bord un co-pilote qui ne conduira pas mais surveillera le bon déroulement du trajet. Si tout se passe bien, la flotte de voitures autonomes doit rapidement atteindre une centaine de véhicules, a précisé l'entreprise.

Principal argument avancé par la société : la sécurité. "Plus d'un million de personnes meurent dans des accidents de voiture chaque année (dans le monde, NDLR). Ce sont des tragédies que les technologies de conduite autonome peuvent aider à éviter", affirme Travis Kalanick. A la question de savoir si les "taxis-robots" allaient remplacer les véhicules avec chauffeurs, il a répondu par la négative. "Je ne pense pas que le nombre de chauffeurs va bientôt décliner. En réalité, je pense que dans un monde autonome il va augmenter" car il y aura toujours besoin de chauffeurs pour conduire aux endroits les plus difficiles ou inaccessibles aux voitures autonomes. Par ailleurs, les Volvo XC90 utilisées par Uber pour son nouveau service ne sont pas réellement autonomes. Bien qu'équipées de caméras et de capteurs, elles nécessitent encore la présence d'un pilote capable d'intervenir en cas de problème. Uber et Volvo ont d'ailleurs promis d'investir plus de 300 millions de dollars dans le cadre de leur partenariat pour pouvoir proposer une voiture 100% autonome d'ici 2021.

Uber a également annoncé jeudi le rachat d'Otto, une start-up américaine spécialisée dans les camions autonomes fondée par des anciens de Google. Au-delà du coup médiatique que constitue le lancement du premier service grand public de voiture semi-autonome, il se positionne ainsi comme un concurrent sérieux dans la course lancée par Google, Apple ou encore Tesla. Mais celle-ci suscite encore de nombreuses réserves après le récent accident d'une Tesla en mode pilote automatique qui a coûté la vie à son chauffeur.