Même s'ils ont déjà les yeux tournés vers Jackson Hole, les investisseurs parisiens digèrent ce vendredi les publications semestrielles de Gemalto et Vivendi. Le spécialiste français des cartes à puces et services associés a fait état d'une légère hausse de son bénéfice net, à 107 millions d'euros, et s'est montré optimiste quant à ses perspectives de croissance, tant internes qu'externes. L'objectif d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans les plates-formes logicielles pourrait être atteint dès 2016, avec un an d'avance, a indiqué le directeur général Olivier Piou, qui a par ailleurs réaffirmé son intérêt pour Morpho, l'activité sécurité et identité mise en vente par Safran. Ce rachat pourrait permettre à Gemalto d'atteindre son objectif de résultat opérationnel de 660 millions d'euros en 2017, jugé trop ambitieux par de nombreux analystes mais néanmoins confirmé par la société ce vendredi.

Vers 15h15 le titre s'adjuge 5% et signe la plus forte hausse du SBF 120. A l'opposé, Vivendi lâche 4% après une publication jugée décevante. Les ventes du groupe de médias ont fléchi de 1% au premier semestre, à 5,04 milliard d'euros, pour un bénéfice net de 911 millions (contre 1,9 milliard un an plus tôt suite à la vente de l'opérateur brésilien GVT). Le résultat opérationnel ajusté a, lui, chuté d'un quart à 387 millions d'euros en raison des difficultés rencontrées par Canal+ France. La filiale de télévision payante a perdu 500 000 abonnés depuis un an, ce qui a entraîné ses comptes dans le rouge (-106 millions au premier semestre). Vivendi a annoncé un plan d'économie de 300 millions d'euros censé permettre un retour à l'équilibre en 2018.

"Avec un marché de plus en plus compétitif en France, les perspectives d'un rebond sont de plus en plus incertaines", estime Jefferies, qui a abaissé son objectif de cours sur Vivendi de 16,40 à 15,60 euros et reste à "conserver". Raymond James se montre également prudent et conserve une recommandation "Performance en ligne avec le marché". L'impact négatif de la hausse des coûts des droits du sport n'est pas encore pleinement ressenti, selon lui. 

A ces difficultés s'ajoute le litige avec Mediaset. Vivendi a remis en cause fin juillet les modalités d'un accord conclu au printemps avec l'empire de Silvio Berlusconi au nom de divergences sur la santé financière de Mediaset Premium, filiale de télévision payante que Vivendi était censé acquérir. Cette décision a poussé Fininvest, la holding de la famille Berlusconi, à porter plainte contre Vivendi à qui elle réclame 570 millions d'euros de dommages et intérêts. Les deux groupes pourraient néanmoins tenter de parvenir à un accord à l'amiable avant la date butoir du 30 septembre, selon des analystes.