Apple n'apprécie pas qu'on mette le nez dans ses affaires. Le patron de la firme à la pomme, Tim Cook, accable la Commission européenne dans un entretien publié jeudi par le journal Irish Independent, qualifiant de "stupidité politique absolue" la décision de lui infliger un redressement fiscal de 13 milliards d'euros. Cette décision procède d'un anti-américanisme primaire, selon lui. "Je crois qu'Apple est visé et je crois que cela (le sentiment anti-américain) est une des raisons pour lesquelles nous avons pu être visés", assène-t-il. 

La Commission européenne a estimé mardi 30 août que l'Irlande avait accordé des avantages fiscaux "illégaux" à Apple permettant au groupe d'éviter l'impôt sur la majeure partie de ses bénéfices en Europe. Ces avantages tombent sous le coup de la législation européenne en matière d'aides d'Etat, par conséquent Apple doit rembouser à Dublin ses arriérés d'impôt (13 milliards), selon Bruxelles.

L'affaire a suscité une levée de boucliers outre-Atlantique. La Maison blanche et le Trésor américain ont prévenu que les relations économiques avec l'Europe pourraient pâtir de cette décision. Quant à Apple, il s'est fendu d'un "message à la communauté Apple en Europe" où il indique avoir créé 1,5 million d'emplois depuis trente ans et payé ses impôts conformément aux législations en vigueur. L'entreprise a annoncé qu'elle ferait appel de la décision. Mais s'il se défend pour l'heure avec véhémence le fabricant de l'iPhone va devoir s'expliquer sur les pratiques d'optimisation fiscale pour le moins douteuses mises au jour par Bruxelles.

L'exécutif européen enquête d'ailleurs sur d'autres géants américains dont Amazon et Mc Donald's. On comprend donc que la décision rendue mardi 30 août suscite des tensions, notamment en Irlande où de nombreux responsables réclament une "imposition juste" de ces grands groupes. Le débat fait rage y compris au sein du gouvernement, partagé entre la défense de ses intérêts économiques et la volonté de ne pas se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de ses partenaires européens. Pour l'heure Dublin n'a pas fait appel de la décision.

Quoiqu'il en soit l'issue de cette affaire est encore loin et ne semble pas inquiéter outre mesure les investisseurs. Après une baisse de 0,8% mardi l'action Apple a terminé en hausse de 0,1% hier.