Ubisoft s'offre la plus forte hausse du SBF 120 vendredi (+8%) grâce à des résultats semestriels supérieurs aux attentes et malgré les incertitudes sur l'avenir de l'éditeur de jeux convoité par Vivendi. Le groupe a publié jeudi soir des ventes de 281,4 millions d'euros au premier semestre de son exercice décalé (2016-2017), en hausse de 36% sur un an. Sa marge brute ressort à 80,5% contre 74,4% à la même période de l'exercice précédent. Toutefois Ubisoft reste déficitaire sur ce début d'exercice compte tenu de la saisonnalité de ses ventes. Sa perte nette ressort à 62 millions d'euros contre 108 millions d'euros un an plus tôt.

"Les facteurs structurels ayant permis la forte progression de la rentabilité au premier semestre, à savoir la très bonne santé du digital et du back-catalogue ainsi qu’une bonne maîtrise des coûts, devraient perdurer sur la seconde partie de l'année. En conséquence, la Société revoit à la hausse son objectif de résultat opérationnel non-IFRS, dorénavant attendu entre 230 M€ et 250 M€, par rapport à un objectif précédent d’environ 230 M€", indique Ubisoft dans un communiqué.

Ce relèvement permet au titre de bondir de 8,7% vendredi sur un marché en baisse de près d'1%. De quoi conforter la direction dans sa stratégie mais aussi aiguiser l'appétit de Vivendi, principal actionnaire du groupe soupçonné de vouloir prendre le contrôle de l'éditeur comme il l'a fait avec Gameloft.

Le groupe dirigé par Vincent Bolloré a indiqué ne pas vouloir lancer d'OPA hostile, dans l'immédiat, sur Ubisoft. Mais il n'exclut pas de poursuivre ses achats d'actions au-delà des 22,8% qu'il détient déjà. "L'attitude de Vivendi n'est pas amicale du tout", a estimé le directeur financier d'Ubisoft, Alain Martinez, lors d'une conférence téléphonique. Il a notamment dénoncé une "attitude d'obstruction" lors de la dernière assemblée générale où l'abstention de Vivendi a conduit au rejet de plusieurs résolutions. Pour le moment ce bras bras de fer ne semble pas nuire aux résultats.