Visiblement peu inquiet des conséquences du Brexit, Amazon a annoncé lundi 20 février le recrutement de 5000 personnes au Royaume-Uni en 2017, et de 1500 autres en France. Il entend ainsi profiter de la croissance des ventes en ligne sur ces deux marchés et dans l'ensemble de l'Union européenne. En France, les postes crées seront tous des CDI, a précisé Amazon, qui affirme chercher "des ingénieurs, diplômés d'écoles de commerce et jeunes diplômés" aussi bien que des personnes peu ou pas qualifiées. Environ 500 emplois devraient être créés par l'ouverture de son 5e centre de distribution à Boves (Somme), près d'Amiens, en septembre. Une partie des autres "créations" seront en réalité des transformations de contrats d'intérim en CDI.

Même s'il y a une part d'effets d'annonce, le groupe frappe fort, très fort. Il prévoit de recruter au total 15 000 personnes en Europe cette année et… 100 000 aux Etats-Unis dans les 18 prochains mois. "Nous ouvrons de nouveaux centres de stockage et continuons à investir dans des secteurs comme la technologie du “cloud”, l’apprentissage des machines et des logistiques avancées », avait expliqué le patron du groupe, Jeff Bezos, dans un communiqué publié mi-janvier.

Opportunités de fond

Amazon continue en effet à investir massivement dans son réseau d'entrepôts et dans de nouveaux services comme Prime Now (livraison en 1 à 2 heures), Amazon Fresh (livraison de produits frais), ou encore la livraison par drones. Il s'est également lancé dans l'électronique grand public (tablettes, enceintes connectées), l'audiovisuel avec l'achats de programmes originaux pour son service de streaming vidéo, le cloud et l'intelligence artificielle.

Des investissements plus ou moins rentables qui donnent parfois le tournis aux investisseurs. Les derniers résultats trimestriels du groupe ont été fraîchement accueillis à Wall Street malgré un bénéfice net en hausse de 55% à 750 millions. Pour autant les analystes restent globalement positifs sur le titre. Amazon a dépassé ses propres prévisions à l'issue de cinq des sept derniers trimestres, souligne Susquehana. Certes les investissements sont plus lourds que d'habitude et cette tendance devrait perdurer en raison des opportunités de fond qui se présentent sur le front du cloud et du e-commerce, et sur de nouveaux marchés comme l'Inde. Le bureau d'études, parmi les plus optimistes sur le dossier, vise un cours 1250 dollars contre un consensus à trois mois de 930 dollars et un cours de 845 dollars vendredi à la clôture.