Comme Facebook en 2012, l'arrivée en bourse de Snapchat suscite beaucoup d'interrogations. L'application de partage de photos et de vidéos éphémères, créée en 2011, affiche 158 millions d'utilisateurs (beaucoup moins que Facebook à l'époque ou qu'Instagram aujourd'hui), dont 71% ont moins de 25 ans. Son chiffre d'affaires a été multiplié par sept en 2016, à 405 millions de dollars, mais ses pertes se sont creusées, à 515 millions.

Pourtant, la direction se montre confiante dans son business model et sa capacité à "monétiser" son audience. Elle espère atteindre le milliard de dollars de recettes publicitaires dès 2017 et augmenter encore l'implication de ses utilisateurs. Estampillée "réseau social préféré des jeunes", une cible marketing très importante, elle leur permet de se mettre en scène dans leur vie quotidienne et de partager ces contenus avec leurs amis.

L'introduction en bourse, prévue cet après-midi sur le New York Stock Exchange (et non le Nasdaq comme la plupart des valeurs technologiques) doit permettre à Snap, la maison-mère de Snapchat, de lever 3,4 milliards de dollars. Le prix de 17 dollars l'action valorise l'entreprise à 24 milliards de dollars et en fait l'une cinq plus grosses IPO du secteur technologique. On reste cependant loin des sommets atteints par Facebook (100 milliards lors de son IPO) ou plus récemment Alibaba (220 milliards).

"Snap semble bien parti pour décrocher cette semaine le titre de plus grosse introduction en Bourse du secteur des hautes technologies depuis Facebook mais l'histoire montre que les investisseurs qui n'auront pas participé à l'opération ont intérêt à attendre avant de partir à la chasse au petit fantôme". Les actions des 25 plus importantes IPO de la "high-tech" ont au mieux stagné au cours des 12 premiers mois de cotation et 16 d'entre elles ont lourdement chuté par rapport à leur premier cours coté, notamment Facebook. Mais l'entreprise de Mark Zuckerberg s'est bien rattrapée depuis, gagnant plus de 660% par rapport à son plus bas de septembre 2012, rappelle l'agence. Elle a d'ailleurs tenté de racheter Snapchat, en 2013, pour 3 milliards de dollars.

L'IPO de Snap est particulièrement observée car si elle se traduisait pas une forte progression du titre en Bourse, elle pourrait inciter d'autres compagnies de la «net economy» comme Uber, Airbnb ou encore Spotify, à se lancer. Ces start-up très en vue partagent en effet avec Snap des valorisations potentiellement très élevées, dans lesquelles certains observateurs voient une nouvelle «bulle» du secteur technologique.