Signe de la confiance des chefs d'entreprise et des investisseurs en ce début de deuxième trimestre déterminant sur le plan politique en France, la société belge X-FAB doit effectuer cette semaine la plus importante introduction en bourse de l'année sur la place parisienne.

L'offre au public lancée le 23 mars se termine ce mardi 4 avril à 17h. Elle doit permettre à la société de lever entre 440 et 492 millions d'euros pour une capitalisation boursière dépassant le milliard d'euros. La fourchette de prix indicative a été fixée entre 8 et 10,50 euros par action. La première cotation est quant à elle prévue jeudi.

Parmi les dix premiers fondeurs au monde, X-FAB est spécialisé dans la fabrication de semi-conducteurs à signaux analogiques/mixtes. Ces derniers sont utilisés notamment dans l'automobile, l'industrie et la santé. "Contrairement à certaines fonderies de plus grande taille sur le marché des Cis (circuits imprimés, ndlr), la production de CIs à signaux analogiques/mixtes hautement personnalisés privilégiée par XFAB induit des volumes de production plus restreints qui nécessitent plus d'ingénierie par unité avec une valeur ajoutée importante pour les clients", précise-t-elle dans son prospectus.

Détenu par des capitaux belges mais basé à Erfurt, en Allemagne, X-FAB est également présent en France où il a repris l'usine Altis de Corbeil-Essonnes en octobre dernier. Ses autres sites en Allemagne, en Malaisie et aux États-Unis emploient un total de 3800 personnes. En 2016, le chiffre d’affaires du groupe a bondi de 55%, à 513 millions de dollars (475 millions d’euros) pour un bénéfice net de 46 millions. Il vise une nouvelle progression de ses revenus cette année et les suivantes, avec un objectif à fin 2019 d'un chiffre d'affaires de 750 millions et d'une marge Ebitda de 27%.

Créneaux porteurs

X-FAB entend utiliser une partie des fonds levés lors de son introduction en bourse pour financer partiellement, en plus de ses capitaux existants, son programme d’expansion et de maintenance de ses capacités de production d'un montant compris entre 350 et 370 millions de dollars sur trois ans. Il veut également renforcer son bilan afin de saisir d'éventuelles opportunités d'acquisition et accélérer sa croissance.

Présent sur des créneaux porteurs dans l'industrie, X-FAB n'est pas à l'abri d'un retournement de la conjoncture mondiale. Il dispose en outre d'un portefeuille limité de clients. Son principal donneur d'ordre n'est autre que le fabricant belge de semi-conducteurs Melexis. Côté sur Euronext Bruxelles, Melexis a vu son cours multiplié par plus de 5 en quatre ans, grâce à sa spécialisation sur le marché très dynamique des puces et capteurs pour l'automobile. Les deux sociétés sont contrôlées par leurs fondateurs, Roland Duchâtelet, Françoise Chombar et Rudi de Winter, via la holding belge Xtrion. Celle-ci s'est engagée à ne vendre aucun titre X-FAB à l'occasion de l'introduction en bourse et à s'abstenir de toute cession de titre durant trois ans. Les autres actionnaires institutionnels que sont l'Etat de Sarawak en Malaisie (35 %) et le japonais TDK (2 %) devraient, eux, céder pour environ 200 millions d'euros d'actions dans le cadre de l'IPO.