Uber ne gagne toujours pas d'argent. Le service de VTC lancé à San Francisco en 2009 et qui a depuis essaimé dans le monde entier en a même perdu beaucoup l'année dernière, d'après les chiffres dévoilés vendredi par l'agence Bloomberg et confirmés par le groupe.

Sur l'ensemble de l'année 2016, la perte nette s'est montée à 2,8 milliards de dollars, contre environ 2 milliards en 2015, pour un chiffre d'affaires de 6,5 milliards (5,5 milliards en 2015). Le montant des courses facturées a, lui, plus que doublé l'an dernier à 20 milliards de dollars, a précisé le groupe.

Les pertes d'Uber sont dues notamment aux déboires du groupe en Chine, un marché dont il s'est retiré début août en cédant son activité à son principal concurrent Didi Chuxing. Mais la concurrence des acteurs locaux se fait sentir un peu partout, à l'image de Lyft aux Etats-Unis de Chauffeur Privé en France, ou d'Ola en en Inde. Dans certains pays le groupe est même contraint de "subventionner" ses chauffeurs face à la concurrence tarifaire tandis que dans d'autres, comme en France, il fait face à des critiques sur les commissions qu'il prélève. Uber assure néanmoins être rentable sur ses principaux marchés et pouvoir le devenir rapidement au niveau mondial.

Départs en série

"Nous sommes heureux d'avoir une activité saine et en expansion ce qui nous donne la marge de manoeuvre requise pour réaliser les changements que nous savons nécessaires en matière de direction et de gouvernance et en ce qui concerne notre culture, notre organisation et nos relations avec nos chauffeurs", a ainsi commenté la responsable des activités d'Uber en Amérique du nord, Rachel Holt, dans un courriel à l'AFP. L'entreprise a été secouée ces derniers mois par plusieurs affaires allant du harcèlement sexuel à la démission de plusieurs de ses hauts dirigeants en passant par une vidéo d'une altercation entre son PDG fondateur, Travis Kalanick, et un de ses chauffeurs. Ce mardi le groupe a annoncé le départ de son vice-président chargé des programmes de véhicules au niveau mondial, Sherif Marakby, sans fournir d'explication.

En dépit de ces difficultés le groupe continue à attirer les investisseurs du monde entier. En juin 2016 il a ainsi levé 3,5 milliards de dollars auprès du fonds souverain saoudien. Aujourd'hui valorisé près de 70 milliards de dollars Uber reste l'une des 'licornes' (société non cotée valorisée plus d'un milliard de dollars) les plus en vue outre-Atlantique. Interrogé en octobre sur une éventuelle introduction en bourse, Travis Kalanick avait répondu: « J'ai le sentiment que nous sommes juste en train d'entrer au lycée (...) C'est un peu comme la neuvième année (la première année dans un lycée américain, soit l'équivalent de la classe de seconde en France : NDLR). Le temps n'est pas encore venu d'aller au bal de promo ". Peut-être s'attachera-t-il en 2017 à rendre la mariée plus belle.