Qui n'a pas entendu parler de l'impression 3D, cette technologie permettant de fabriquer en un temps record des prothèses médicales, des pièces de moteurs d'avions et même des maisons ? Sur ce marché estimé à 5 milliards de dollars en 2015, les promesses tardent parfois à se concrétiser. Les deux leaders du secteur, les américains Stratasys et 3DSystems, ont essuyé de lourdes pertes en 2016 en raison du manque d'appétit des particuliers pour ces machines à tout faire.

Le français Prodways, filiale du groupe Gorgé née du rachat en 2013 de la société Phidias Technologies, a évité cet écueil. Il s'est en effet spécialisé sur les imprimantes 3D professionnelles, vendues entre 100 000 et 600 000 euros pièce. Le groupe se positionne ainsi comme l'un des acteurs de la "révolution industrielle" en cours qui amène un nombre croissant de fabricants à revoir leurs modes de production. "Aux Etats-Unis par exemple, la fabrication des aides auditives a basculé en totalité dans l'impression 3D en moins de 500 jours", souligne  le PDG Raphaël Gorgé.

La société a livré à ce jour 76 machines à une soixantaine de clients, dont la moitié en Allemagne et aux Etats-Unis. Elle leur vend également la matière première sous forme de poudres et résines composites développées par ses soins ou en partenariat, et qui génèrent des revenus additionnels. Prodways dispose en outre de son propre parc d'imprimantes capable de fabriquer en série des pièces pour le compte de tiers. Il a ainsi produit en 2016 plus d'un million de pièces pour des clients industriels, dans des domaines aussi divers que l'aéronautique, la joaillerie ou encore le secteur médical. 

Le chiffre d'affaires du groupe est passé de 100 000 euros en 2013 à 25,2 millions d'euros en 2016 et les effectifs ont suivi une trajectoire tout aussi impressionnante, de 1 à 248 salariés. Cependant Prodways ne compte pas s'arrêter là. Sur un marché attendu en hausse de plus de 31% par an jusqu'en 2019, il vise une croissance d'au moins 35%. Le seuil de rentabilité devrait être atteint au quatrième trimestre 2017 (objectif d'Ebitda à l'équilibre) avec une marge Ebitda à deux chiffres attendue pour 2019.

Partenariat avec Safran


L'introduction en bourse et l'augmentation de capital d'au moins 39,5 millions d'euros associée visent à faire de Prodways le numéro trois mondial des imprimantes "multi-technologies" et des services d'impression 3D à destination des entreprises. Mais le groupe aura fort à faire avec le recentrage des deux leaders américains sur le marché des professionnels et l'arrivée de mastodontes comme HP ou General Electric. Prodways précise qu'environ 60% des fonds levés serviront à financer des acquisitions ciblées. Le reste sera consacré à la poursuite des efforts de R&D et au financement de la croissance. 

Si la famille Gorgé entend bien rester aux commandes de sa filiale, l'opération permettra à plusieurs investisseurs d'entrer au capital. C'est le cas de l'équipementier aéronautique Safran, déjà client de Prodways et avec qui la société vient de nouer un partenariat pour la fabrication de pièces de moteurs d'avion. Outre Safran, BNP Paribas Développement, Fimalac Développement, Bpifrance et la Financière Arbevel ont pris des engagements de souscription pour un montant total de 13,3 millions d'euros.

Pour tout savoir sur l'introduction en bourse de Prodways (période de souscription, modalités, etc) cliquez ici.