Technicolor aime à se présenter comme un "fournisseur de services" à l'industrie du cinéma et du divertissement. C'est pourtant bien une problématique de fabricant à laquelle le groupe est confronté aujourd'hui : la hausse du prix de sa matière première. Plus précisément, le renchérissement des puces mémoires utilisées dans ses box, décodeurs et autres objets connectés. Ces derniers représentent environ la moitié du chiffre d'affaires du groupe.

Or, depuis le début de l'année, le prix des puces "DRAM" (pour Dynamic Random Access Memory) a augmenté de 45% tandis que celui des mémoires "Flash" prenait 5%. Et ce n'est pas fini. Le groupe prévoit une hausse à deux chiffres pour les Flash au second semestre et la poursuite de la flambée des prix des DRAM, quoiqu'à un rythme "plus modéré". "La hausse du prix des mémoires DRAM et Flash s’est confirmée récemment et devrait se poursuivre dans un avenir proche alors même que le Groupe tablait précédemment sur un début de ralentissement au second semestre", reconnaît-il.

En conséquence, le groupe revoit à la baisse son objectif d'excédent brut exploitation (Ebitda) sur l'ensemble de l'année, désormais attendu entre 420 et 480 millions d’euros, contre un précédent objectif de 460 à 520 millions. Il maintient en revanche son objectif de flux de trésorerie disponible supérieur à 150 millions d’euros hors impacts des accords transactionnels. Par ailleurs "hors augmentations du prix des puces mémoires, la performance opérationnelle des différentes divisions est conforme aux attentes du Groupe", précise Technicolor.

Mais la réaction des marchés est sans appel : vendredi vers 15h30 le titre chute de 9,5% à la bourse de Paris et affiche désormais un recul de 25% depuis le début de l'année. Il s'agit du troisième avertissement sur bénéfices en six mois pour Technicolor. En janvier le groupe avait indiqué s'attendre à ce que la rentabilité de sa division "Maison Connectée" soit affectée par la hausse du prix des puces mémoires, estimant alors l'impact sur l'Ebitda à 30 millions d'euros. Lors de la présentation de ses résultats annuels, en février, le groupe avait aussi abaissé ses objectifs à moyen terme (2020).