Ericsson a publié mardi une perte d'exploitation plus élevée que prévu au deuxième trimestre et a abaissé sa prévision de performance du marché des infrastructures mobiles. La perte nette --quatrième perte trimestrielle consécutive-- a atteint 105 millions d'euros entre avril et juin pour un chiffre d'affaires en repli de 8% à 49,9 milliards de couronnes, là où les analystes attendaient 50,5 milliards.

Vers 11h15, l'action chute de 11% à la bourse de Stockholm, entraînant dans son sillage Nokia qui résiste tant bien que mal (-2,3%).

"Nous ne sommes pas satisfaits de nos performances sous-jacentes avec une baisse continue de nos ventes et des pertes en hausse au cours du trimestre concerné", a commenté le PDG d'Ericsson, Börje Ekholm. "A la lumière des conditions actuelles du marché, nous allons accélérer notre programme de réduction des coûts", a-t-il ajouté.

Après une année noire en 2016, où son bénéfice net a chuté de 86%, le géant suédois n'a toujours pas trouvé la parade au ralentissement des investissements dans les infrastructures réseaux, son coeur de métier. Il craint une contraction du marché de 5 à 9% en 2017 alors qu'il prévoyait jusqu'à présent un recul de 2 à 6% seulement.

De son côté, Nokia a dégagé un bénéfice net de 200 millions d'euros au premier trimestre, grâce notamment à la poursuite de ses efforts d'économie (550 millions d'euros en 2016). Il s'est par ailleurs dit "raisonnablement optimiste" sur son activité réseaux, attendue en baisse d'environ 2% cette année mais où des signes de reprise sont observés. Surtout il juge sa situation financière bien meilleure que celle de son concurrent. "Nokia n'est pas Ericsson. Ils sont en crise", avait ainsi asséné Rajeev Suri, le directeur général de Nokia, en novembre.

Après avoir engagé, tout comme Ericsson, un vaste plan de restructuration avec des milliers de suppressions d'emplois à la clé, Nokia a effectivement vu ses marges s'améliorer au premier trimestre. Reste à savoir si le groupe saura tirer profit de l'intégration d'Alcatel-Lucent, qui a entraîné une lourde perte en 2016 (912 millions d'euros) mais devrait commencer à porter ses fruits cette année. Avant les annonces d'Ericsson la plupart des analystes avaient un avis positif sur le titre Nokia, avec un objectif de cours moyen de 6 euros.