Plombé par l'accumulation de stocks de cartes bancaires aux Etats-Unis et l'attentisme de ses clients avant l'avènement d'une nouvelle génération de cartes SIM, Gemalto lance un quatrième avertissement sur bénéfices en moins d'un an. Le groupe franco-néerlandais vise désormais un résultat opérationnel (Ebita) compris entre 293 et 323 millions d'euros pour 2017, contre un objectif de 660 millions fixé il y a un an.

Le titre a ouvert en baisse de plus de 15% lundi, signant la plus mauvaise performance du Stoxx 600.

"Suite à la détérioration des perspectives du marché de la SIM amovible, la Société prévoit une charge non-cash de dépréciation des écarts d'acquisition d'environ 420 millions d'euros au premier semestre 2017", a ajouté Gemalto dans un communiqué publié vendredi.

La plupart des analystes ont dégradé leurs recommandations suite à ces annonces. Même si le plan de réorganisation dévoilé au printemps devrait commencer à porter ses fruits à la fin de l'année, le résultat net annuel du groupe devrait être fortement négatif, souligne Invest Securities en abaissant abaissé son objectif de cours de 49 à 45 euros.

Nettement plus pessimiste, Credit Suisse ramène son objectif de 41 euros à 30 euros, notant que les tendances continuent à empirer pour les cartes de paiement et les cartes SIM, deux secteurs qui contribuent pour environ 45% au chiffre d'affaires de Gemalto. De son côté Société générale pointe "un risque pour le modèle d'activité, et pas seulement sur les cartes SIM" et réduit de 22% ses prévisions de bénéfice par action sur la période 2017-2019. "Gemalto indique qu'il n'a pas de visibilité, aussi un nouvel avertissement sur résultats reste encore possible", ajoute Bryan Garnier qui révise en forte baisse ses prévisions de bénéfices pour 2017 et 2018.

La chute du titre pourrait alimenter les rumeurs de rachat du spécialiste de la sécurité numérique. Selon le site WallStreet Wires, Gemalto aurait reçu des marques d'intérêt de plusieurs acteurs ces derniers mois. Les noms d'Atos, Oracle ou encore Siemens sont régulièrement cités. Cependant un rachat pourrait poser problème à l'Etat français, présent au capital via le Fonds stratégique d'investissement. Quoiqu'il en soit le groupe devra apporter davantage de visibilité au marché lors de la présentation de ses résultats semestriels le 1er septembre.