L'action Technicolor chute jeudi à un creux de quatre ans à la Bourse de Paris au lendemain de l'annonce d'une perte semestrielle presque doublée. A 11h40, le titre perd 16,5% à 3,2 euros, au plus bas depuis juillet 2013. Il s'agit de loin de la plus forte baisse de l'indice SBF 120, quasiment inchangé au même moment (-0,06%).

Le spécialiste des technologies de l'image et du son a enregistré sur les six premiers mois de l'année une perte nette de 106 millions d'euros contre une perte de 54 millions un an auparavant. Sur la période, son Ebitda ajusté a chuté de 60,9% à 107 millions d'euros tandis que son chiffre d'affaires reculait de 12,6% à 2,15 milliards.

Le groupe avait lancé le 29 juin un avertissement sur bénéfices, expliquant être confronté à une hausse mal anticipée du prix des cartes mémoires qui entrent dans la fabrication de ses équipements pour la Maison Connectée. "Du fait de la hausse du prix des mémoires qui affecte la rentabilité du segment Maison Connectée, Technicolor attend, comme annoncé le 29 juin dernier, un EBITDA ajusté compris entre 420 et 480 millions d’euros. Le Groupe confirme son objectif de flux de trésorerie disponible du Groupe supérieur à 150 millions d`euros hors impact des accords transactionnels dans l`affaire des Tubes Cathodiques. Cet impact s’est élevé à 81 millions d’euros, intégralement payés au premier semestre 2017", précise-t-il dans son communiqué de résultats.

Selon Goldman Sachs, la déception ne provient pas aujourd'hui de ces objectifs déjà annoncés mais des contreperformances la division Technology, chargée de monétiser les brevets du groupe et qui dégage la marge la plus élevée. Au premier semestre ses ventes ont chuté de 68,2% à taux de change constants à 56 millions d'euros alors que le marché anticipait un revenu de 96 millions d'euros.

Le groupe se veut cependant optimiste sur sa capacité à rebondir au second semestre. « Après un démarrage assez lent en début d’année, nous avons observé une amélioration marquée dans l’ensemble de nos activités opérationnelles à la fin du semestre, qui devrait se poursuivre tout au long du reste de l’année », a commenté le directeur général Frédéric Rose. Compte tenu de la faible valorisation du titre, le consensus d'analystes pourrait d'ailleurs rester à l'achat après cette publication.