Les gazouillis de Twitter ne font pas le poids face aux 'timelines' de Facebook. L'action du groupe de Mark Zuckerberg a ouvert en hausse de 4,4% jeudi à Wall Street, tandis que celle du réseau de microblogging chute de 13%. Il faut dire que les résultats trimestriels publiés par les deux sociétés sont diamétralement opposés. D'un côté Facebook, un chiffre d'affaires en hausse de 45% et des bénéfices qui explosent : +71% à 3,9 milliards de dollars. De l'autre Twitter, des revenus en baisse (-4,7%) et une perte qui se creuse à 116,5 millions (contre 107,2 millions un an plus tôt). Au-delà des résultats financiers, le chiffre le plus inquiétant, pour les analystes, est la stagnation du nombre d'utilisateurs de Twitter depuis le début de l'année. Il plafonne à 328 millions, là où Facebook affiche plus de 2 milliards d'utilisateurs, en progression de 17% sur un an.

Certes, Twitter a été créé deux ans après Facebook, en 2006, et s'est introduit en bourse un an après lui. Mais le réseau de microblogging n'a jamais semblé en mesure de rattraper son devancier en termes d'utilisateurs et de revenus. Depuis un an il s'est employé à doper son chiffre d'affaires via des retransmissions vidéo en direct il mais a pâti de la perte du contrat de diffusion des matches de la NFL en avril, la Ligue nationale de football américain ayant opté pour Amazon.com. Twitter a surtout du mal à trouver sa place sur un marché publicitaire de plus en plus disputé entre les géants Google, Facebook, et le dernier né des réseaux sociaux, Snapchat, particulièrement utilisé par les jeunes.

"Tant que Twitter ne renouera pas avec une croissance de son chiffre d'affaires, nous pensons que les annonceurs alloueront leurs budgets à des plates-formes qui permettent de mieux viser, atteindre et mesurer (leur cible)", écrit dans une note Michael Pachter (Wedbush).

De son côté, Facebook, qui avait prévenu que la croissance des recettes publicitaires ralentirait cette année, faute de place pour mettre davantage de pubs sur le réseau social, a tout de même réussi à les augmenter de 47% au deuxième trimestre, à 9,16 milliards de dollars. C'est la conséquence d'une hausse du prix moyen des publicités de 24%, principalement sur mobile et tablette. Le groupe, propriétaire des réseaux sociaux Whatsapp et Instagram, a par ailleurs confirmé son intention d'investir dans la production de séries originales pour mieux concurrencer Netflix, Amazon et Apple.