La magie d'Apple opère encore à Wall Street. Plus exactement, elle opère à nouveau. Les marchés avaient en effet pris l'habitude ces dernières années de sanctionner les résultats de la firme à la pomme au moindre écart avec leurs attentes, très élevées. Cette fois, Apple a mis tout le monde d'accord avec un bénéfice net de 8,7 milliards de dollars pour le trimestre clos fin juin et un chiffre d'affaires de 45,4 milliards, en hausse de respectivement 11% et 7,2%. Les analystes avaient tablé sur des revenus de 44,9 milliards de dollars et un bénéfice par action (la référence en Amérique du Nord) de 1,57 dollar. Ce dernier est ressorti à 1,67 dollar.

Le titre a ouvert en hausse de 5,6% mercredi à Wall Street, à son plus haut niveau historique (158 dollars). Il affiche un gain de près de 40% depuis le début de l'année contre une hausse d'environ 20% pour l'ensemble du Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques. Avec une valorisation de 825 milliards de dollars Apple conforte son statut la plus grosse capitalisation boursière mondiale devant trois autres géants de la côte ouest américaine: Alphabet-Google (645 milliards), Microsoft (557 milliards) et Amazon (478 milliards).

"Nous sommes fiers d'annoncer de très bons résultats pour notre troisième trimestre (Apple a un exercice annuel décalé, ndlr) avec une progression de nos revenus et de nos ventes dans toutes les catégories de produits", a commenté le PDG d'Apple, Tim Cook, lors d'une conférence téléphonique mardi soir.

L'iPhone a continué à tirer les revenus du groupe avec des ventes en hausse de 3,3% à 24,8 milliards pour quelque 41 millions d'unités écoulées. Plus inattendu, le groupe a réussi à enrayer la baisse des ventes de l'iPad, qui ont rebondi de 15% en volume sur un an, mais de seulement 2% en valeur, baisse de prix oblige. Quant aux services (iCloud, ApplePay, AppleCare, etc) ils ont dégagé un chiffre d’affaires de 7,27 milliards de dollars (+22%).

Plus encore que ces bons résultats, c'est l'optimisme affiché par le groupe de Cupertino qui rassure Wall Street. Pour le trimestre en cours, Apple s'attend à des revenus compris entre 49 et 52 milliards de dollars et une marge brute d'exploitation entre 37,5% et 38%, contre 38,5% au troisième trimestre. Les ventes d'iPhone devraient être dopées par le lancement en septembre de l'iPhone 8, dont le groupe a fait "fuiter" certains attributs ces derniers jours. Pour ce modèle marquant les dix ans de son produit phare, Apple devrait adopter des écrans très haute résolution, une meilleure technologie tactile ainsi qu'un rechargement sans fil, ce qui pourrait porter le prix de l'appareil à 1.000 dollars. Soit un produit de luxe, seul moyen de se distinguer sur un marché des smartphones arrivant à saturation.