Traqués en Europe et aux Etats-Unis pour leurs pratiques d'optimisation fiscale, les géants américains du web ont également fort à faire en Chine où le gouvernement cherche à renforcer la censure et le contrôle d'internet à quelques mois du Congrès du Parti communiste qui doit reconduire Xi Jinping à la tête du pays.

Apple a confirmé avoir supprimé de son app store en Chine les VPN (virtual private networks), des logiciels permettant de naviguer sur internet de façon anonyme et sécurisée. Ils sont utilisés par de nombreux internautes chinois pour contourner la surveillance étatique. De son côté, un partenaire chinois d'Amazon a exhorté les utilisateurs du site de vente en ligne à ne plus utiliser de VPN en dehors de ceux approuvés par le gouvernement.

La décision d'Apple a suscité des réactions indignées de la part des développeurs de ces logiciels et des défenseurs des droits de l'homme, alors que les autorités chinoises ont récemment fermé des dizaines de blogs sous couvert de lutte contre la cybercriminalité. "Nous aurions préféré ne pas avoir à retirer les applications mais, comme nous le faisons dans d'autres pays, nous observons la loi là où nous faisons des affaires et nous pensons qu'être présents sur ces marchés en apportant des avantages aux clients est dans le meilleur intérêt des gens là-bas et dans d'autres pays aussi", s'est défendu Tim Cook, le PDG d'Apple.

Le groupe a connu un coup d'arrêt l'an dernier en Chine où ses ventes ont baissé de 24%, pénalisées par la concurrence de fabricant locaux. Tim Cook a cependant affirmé fin avril qu'il misait beaucoup sur ce marché dans la perspective du lancement à l'automne de l'iPhone 8. L'attitude d'Apple vis-à-vis du gouvernement chinois tranche avec la fermeté affichée par le groupe il y a un an et demi, lorsqu'il avait refusé de communiquer au FBI américain les "clés" d’un iPhone utilisé par l’un des auteurs de l’attentat de San Bernardino.

Parmi les 'GAFA', Amazon et Apple sont ceux qui ont le plus à perdre en Chine. Google a fermé la version chinoise de son moteur de recherche en 2010 en protestation contre l'intensification de la censure. Ce dernier reste néanmoins accessible via les fameux VPN. Quant à Facebook, le réseau social a été interdit en 2009 et les efforts de son patron pour lever cette interdiction se sont jusqu'à présent révélés infructueux.