Après avoir quitté le CAC 40, chassé par Alcatel-Lucent, STMicroelectronics fait son grand retour dans l'indice vedette parisien ce lundi. Ironie du sort, il remplace Nokia, le géant finlandais qui a racheté Alcatel l'année dernière. Bien qu'il pèse encore deux fois moins que Nokia en bourse (15 milliards d'euros contre une trentaine pour le finlandais), "STMicro" bénéficie d'une meilleure dynamique de résultats et boursière.

Longtemps plombé par ses décodeurs numériques, le groupe a opéré ces dernières années une réorientation stratégique majeure en se recentrant vers des secteurs jugés d'avenir (automobile, industrie, internet des objets). Cette restructuration s'est traduite par la suppression de 1.400 emplois, dont 430 en France, et par le redéploiement de 600 postes. Redevenu bénéficiaire, STMicro a vu son titre s'envoler de 43,57% depuis le début de l'année.

De son côté Nokia a enregistré une perte de 766 millions d'euros en 2016, plombé par la contraction du marché mondial des équipements de réseaux téléphoniques et par les coûts d'acquisition d'Alcatel-Lucent. Il vient par ailleurs d'annoncer la suppression d'ici 2019 de 600 emplois supplémentaires en France, ce qui porterait le total des suppressions depuis le rachat à environ un millier.

Son éviction du CAC 40 ne pèse pas outre mesure ce lundi, le titre s'adjugeant 1,5% à la mi-journée. De son côté, STMicro avance de 1,1% sur un marché en hausse de 0,5%.

"Effet Apple"

Il se peut que les deux groupes profitent d'un "effet Apple", quelques jours après le lancement du nouvel 'iPhone X'. La firme à la pomme a en effet conclu fin mai un nouvel accord de licence avec Nokia pour l'utilisation de ses brevets, qui devrait soutenir les revenus de la branche Nokia Technologies. Le groupe finlandais a en outre annoncé lundi avoir remporté un arbitrage face au Coréen LG, là-encore pour l'utilisation de ses brevets de téléphonie mobile.

Quant à STMicro, ses composants seraient au cœur de la dernière la technologie de reconnaissance faciale du tout nouvel iPhone. C'est en tout cas ce que croient savoir plusieurs sites spécialisés, même si le géant californien impose une stricte confidentialité à ses fournisseurs. D'après L’Usine Nouvelle, le groupe pourrait tirer de ce contrat un revenu annuel récurrent de 1 milliard de dollars, soit près de 15% de son chiffre d’affaires en 2016. De quoi conjurer la malédiction qui frappe de nombreux nouveaux entrants sur le CAC 40, dont le titre a souvent tendance à décliner après une phase de forte appréciation.

En outre l'entrée de STMicroelectronics dans le CAC 40, après celle d'Atos en mars, confirme que les fleurons technologiques européens gagnent peu à peu du terrain au sein d'un indice à dominante financière et industrielle auquel on reproche souvent sa composition vieillissante. Soucieux de répondre à ces critiques et de renforcer le rayonnement international de son indice emblématique, Euronext a mis sur place en mai 2016 un comité consultatif afin de réfléchir aux évolutions de ses principaux indices, dont le CAC 40.

Ce n'est toutefois pas le groupe boursier qui décide des entrées et sorties de valeurs au sein du CAC 40. Ces derniers sont entre les mains du Conseil scientifique des indices d'Euronext, qui se réunit tous les trimestres. Il prend en compte deux critères majeurs, la taille du capital flottant (capital négociable en Bourse) et le nombre d'échanges enregistrés sur les titres.