Des prix à la course plus bas et une commission plus faible imposée aux chauffeurs. Telle est la recette avec laquelle Taxify, jeune société estonienne, espère s'imposer sur le marché des VTC à Paris. Son service, lancé jeudi 5 octobre, revendique 5000 chauffeurs. Il s'attaque à une forte concurrence : outre Uber, pas moins de sept autres sociétés de transport privé sillonnent déjà les rues de la capitale (Chauffeur Privé, Uber, Heetch, Le Cab, SnapCar, AlloCab, Marcel). 

"Il y a beaucoup d'acteurs, mais un seul gros : Uber, qui possède plus de 80% du marché. Réussir ici se résume donc à être meilleur qu'Uber", affirme le tout jeune PDG de Taxify, Markus Villig (23 ans), cité par le Journal du Net.

La société espère conquérir 20 à 30% du marché parisien, "l'un des plus gros marchés au monde", grâce à des tarifs inférieurs de 10% en moyenne à ceux proposés par Uber. Pour son lancement la plateforme propose même de diviser les prix des courses par deux pendant un mois. Elle affirme également offrir des conditions de rémunération plus avantageuses à ses chauffeurs, en réduisant sa commission à 15% contre 25% pour son rival.

Course à la taille

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général du syndicat des chauffeurs privés-VTC, Sayah Baaroun, a émis de sérieux doutes sur ces promesses. "Si Uber ne s'en sort pas en prenant 25%, l'autre (Taxify, ndlr) va débarquer avec 15%, vous pensez qu'il va s'en sortir?" Taxify peut néanmoins compter sur le soutien financier du chinois Didi Chuxing, entré à hauteur de 20% du capital de l'entreprise cet été et qui se pose en grand rival d'Uber sur un certain nombre de marchés. "On sait très bien que dans les autres pays du monde où Uber et Didi sont en concurrence, les chauffeurs ne vivent pas bien", a ajouté Sayah Baaroun.

Après avoir rencontré un succès fulgurant et s'être rapidement étendu à travers le monde, la société californienne a essuyé plusieurs revers ces derniers mois. En Chine, il a dû jeter l'éponge face à Didi Chuxing, à qui il a cédé ses activités l'année dernière. Les deux groupes se font désormais face en Asie, mais aussi en Europe, et se sont lancés dans une course à la taille à coups de gigantesques levées de fonds. Didi a ainsi levé 5,5 milliards de dollars en début d'année auprès du japonais Softbank. Ce dernier serait prêt à investir 10 autres milliards dans Uber en échange d'une participation de 17 à 22% au capital, selon le Wall Street Journal. De quoi maintenir la valorisation de la société californienne à des sommets jamais atteints par une entreprise technologique non cotée (près de 70 milliards de dollars). En 2016, Uber affirme avoir réalisé un chiffre d'affaires de 6,5 milliards de dollars et une perte de 2,8 milliards. Il envisage son introduction en bourse d'ici deux ans.