Interview de Stéphane Romanyszyn : Stéphane Romanyszyn, PDG d'Entreparticuliers.com

Stéphane Romanyszyn

Stéphane Romanyszyn, PDG d'Entreparticuliers.com

Notre modèle est particulièrement efficient en temps de crise

Publié le 31 Mars 2010

Votre groupe a fait état d’un CA 2009 en baisse de 29,5%  à 11,04 millions d’euros contre 15,58 millions un an plutôt. Le résultat d’exploitation apparaît également en repli, de 17,7%, en revanche, votre marge d’exploitation a progressé et atteint 23,7% contre 20,4% en 2008. Quel commentaire vous inspirent ces résultats ?
Nous sommes plutôt satisfaits de l’année 2009 malgré un contexte très dégradé dans l’immobilier. De fait, nous avons effectivement enregistré une baisse de 30% de notre CA, mais nous avons su préserver notre rentabilité qui ressort même en hausse par rapport à 2008,  à 23,7%, ce qui nous permet de dégager en 2009 un résultat net de 1,7 millions d’euros, soit 15,7% du CA contre 16,4% l’an passé.

Comment êtes-vous parvenus à sauvegarder vos marges ?
Il y a d’une part, le fait que nos coûts fixes sont restés stables, c’est d’ailleurs une des vertus de notre business model puisque nous n’avons pas à supporter une implantation physique sur toute la France. Nous supportons donc peu de charges pour assurer notre service, et nous avons par ailleurs un fort levier d’ajustement qui correspond au poste publicité. Ce dernier représentait en 2008 plus de 36% du CA, or nous l’avons réduit à près de 21% en 2009, ce qui nous a permis de préserver notre rentabilité… Notre modèle est donc particulièrement efficient en temps de crise.

Quel a été le taux de transformation sur votre site, sachant qu’il semble avoir baissé ?
Dans la mesure où existe actuellement sur d’autres sites Internet, la possibilité de déposer une annonce gratuite, nous avons effectivement constaté que certains de nos clients fidèles allaient sur ces concurrents. Cela étant, nous restons confiants parce qu’il s’agit avant tout d’un effet de mode qui devrait passer, surtout qu’un bien immobilier ne se vend pas comme un bien usagé de faible valeur. Cet effet de mode ne devrait donc pas impacter notre secteur très durablement…

Vous vous dites opportuniste en matière de croissance externe, mais quelles seraient vos cibles ?
Je rencontre beaucoup de gens, mais ce qui m’intéresse c’est tout ce qui touche à Internet, aux sites d’annonces, et tout ce qui va être basculé sur les applications mobiles… Je pense qu’il y a le même coup à jouer que lors du passage du minitel à l’internet, autrement dit, il y a des opportunités dans ce domaine et les places sont encore à prendre. Enfin, tout ce qui est adjacent à l’immobilier m’intéresse, du diagnostic au crédit etc.

Envisagez-vous de nouer des partenariats avec de grands sites par exemple ?
Dans la mesure où ce qui nous manque un peu concerne notre audience, nous pourrions effectivement envisager des partenariats avec de grands sites pour récupérer de l’audience.

Vous offrez un système de garanties remboursables en cas de non vente…
En 2009, le taux de remboursement a été supérieur, en relatif, par rapport à 2008 parce qu’avec la crise, moins de biens se sont vendus. En 2010, c’est l’effet inverse qui devrait se produire du fait du redémarrage du secteur. En chiffre, ces provisions à émettre représentaient, sur l'exercice 2009, près de 2,692 millions d’euros contre 2,355 millions en 2008.

En 2010-2011, nous devrions avoir moins de garanties remboursées, et notre CA devrait également croitre puisque nous ferons plus d’annonces.

Quelles sont les perspectives du marché ?
Sur 2010, nous observons qu’une reprise semble bien engagée mais elle reste fragile. Elle est toutefois favorisée par des conditions de crédit historiquement bas, ce qui devrait se traduire par le retour sur le marché de vendeurs vraiment motivés pour vendre. Nous pensons pouvoir en profiter parce que nous pensons que la plupart accepteront de payer notre service dont le coût est dérisoire par rapport au bien immobilier en jeu. Nous proposerons également de nouveaux services innovants, notamment des visites en lignes (dès la fin du mois d’avril sur le site).

Au total, je pronostique une hausse des prix d’au moins 3% en France et un volume de transactions de nouveaux biens mis en vente en progression d’au moins 15%. Cela étant, sur notre activité en raison des effets d’inertie, le temps que l’on reconstitue notre stock d’annonces premium, l’effet de la reprise sera pleinement visible à partir de l’année 2011.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy

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