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Interview de Pascal Imbert : PDG de Solucom

Pascal Imbert

PDG de Solucom

2010-2011 est une année dans laquelle nous allons commencer à nous préparer à la croissance future

Publié le 15 Juin 2010

Vos résultats 2009-2010 font état d’un CA en progression, la marge résiste, en revanche, le résultat opérationnel est en baisse de 37%, et le résultat net part du groupe qui chute de 54%...
Notre activité 2009-2010 s’est déroulée dans un environnement qui a été extrêmement difficile puisque le marché des services informatiques a été fortement impacté par le ralentissement économique. Ce fut d’ailleurs plus particulièrement le cas pour le segment conseil sur lequel nous intervenons et où nous avons constaté une forte diminution des dépenses de la part de nos clients. Nous estimons que la décroissance sur notre marché a atteint environ 10% sur 2009.
Dans ce contexte, nous avons toutefois enregistré une légère croissance de notre chiffre d’affaires ainsi qu’une marge opérationnelle courante qui a également résisté, à 9,7%.
Pour autant l’exercice 2009-2010 de Solucom a été marqué par des difficultés dans certaines de nos activités et en particulier au sein d’une société acquise en 2008, Cosmosbay~Vectis, qui a très largement sous-performé au 1er semestre. Nous avons donc préféré réaliser une dépréciation de la valeur de cette société à hauteur de 3 millions d’euros dans notre bilan. Il s’agit d’une opération purement comptable et sans impact financier sur notre trésorerie, qui explique que le résultat opérationnel et la marge nette part du groupe soient en net recul.

Quels ont été les leviers de croissance de l’exercice ?
Il y a eu deux secteurs d’activité qui ont permis à Solucom de bien résister : Energie Utilities, avec des clients comme GDF Suez et EDF qui sont nos deux premiers clients en 2009-2010, et le secteur public sur lequel nous nous attendons néanmoins à un ralentissement d’activité en 2010 et 2011 compte tenu de la politique de réduction des dépenses publiques.
En termes de prestations, celles qui ont le mieux résisté sont celles qui tournent autour de tout ce qui concerne l’architecture des systèmes d’information et qui permettent de faire des économies chez nos clients ; par ailleurs, notre activité a également bien tenu dans tout ce qui touche à la sécurité des systèmes d’information et à leur mise en conformité réglementaire.

Pourriez-vous revenir sur votre clientèle principale ?
Nous travaillons exclusivement pour les grands comptes, notre cible de clientèle étant les 200 premières entreprises ou administrations françaises. Nous sommes mêmes très concentrés sur les 100 premières, et les 2/3 des sociétés du CAC 40 qui font partie de notre clientèle.
Notre activité est donc focalisée sur les très grandes organisations, simplement parce que nous ne délivrons que des prestations de conseil. Nous avons donc développé notre force commerciale uniquement vers ces grands comptes avec lesquels nous réalisons plus de 90% de notre activité.
Nous sommes à ce jour le cinquième acteur en France du marché du conseil en système d’information, derrière IBM, Capgemini, Accenture et Logica. Mais à la différence de ces sociétés, nous ne délivrons que des prestations de conseil. C’est d’ailleurs ce qui rend notre approche beaucoup plus indépendante puisque nous ne vendons aucune autre activité. Il s’agit d’un point particulièrement important pour nos clients.

De quelle visibilité disposez-vous cette année ? Voyez-vous une sortie de crise et un retour aux grands projets ?
Ce n’est pas encore une année de reprise, mais pour autant, c’est clairement une année de stabilisation, c’est-à-dire que le marché ne décroît plus et il n’y a pas de nouvelles économies recherchées par nos clients. Pour l’instant, l’éloignement des perspectives de reprise économique ou les difficultés de la zone euro, n’ont pas l’air de provoquer de nouvelle rechute du marché… Ainsi l’année 2010-2011 est déjà, pour nous, une année dans laquelle nous allons déjà commencer à nous préparer pour notre croissance future.

Quels objectifs vous êtes-vous justement fixés ?
Pour 2010-2011, nous visons de renouer avec une croissance organique plus dynamique, en accélération progressive. Parallèlement, nous souhaitons également consentir un certain nombre d’investissements pour préparer le futur. Malgré ces investissements nous nous fixons de revenir à une marge opérationnelle courante à deux chiffres, un niveau qui sera plus conforme à notre rentabilité historique. Notre enjeu au cours de cet exercice est donc de nous donner les moyens de faire partie des gagnants de l’après-crise.

Envisagez-vous de réaliser des acquisitions cette année et profiter des opportunités nées de la chute des marchés ?
Ce sujet redevient effectivement d’actualité. Nous pensons que la fin de l’année 2010 pourrait voir une reprise du mouvement de concentration du marché,  et c’est une reprise à laquelle nous souhaitons participer. Nous n’avons pas encore de dossiers mais nous sommes déjà dans une phase de screening pour d’éventuelles acquisitions en fin 2010 ou courant 2011. Dans le détail, nous regarderons surtout des sociétés générant entre 5 et 20 millions d’euros de CA.Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy

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