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Interview de Jean-Claude Cornier : Président de Thermocompact

Jean-Claude Cornier

Président de Thermocompact

Notre activité au 2nd trimestre devrait être supérieure au premier

Publié le 19 Mai 2011

Que représentent vos pôles d’activité dans votre chiffre d’affaires ?
Le métier historique de notre société est le revêtement de surface (15% du chiffre d’affaires), c’est-à-dire l’ajout d’une couche de métal, précieux ou semi-précieux, sur un métal de base afin de lui donner de nouvelles caractéristiques. Ce métier, nous le déclinons selon plusieurs applications, outre le revêtement de surface pour produire des pièces industrielles.
Nous sommes en effet leaders mondiaux dans la fabrication des fils pour l’usinage par électroérosion, ce qui représente déjà 50% de notre chiffre d’affaires. Dans le détail, entre 10 et 15% de cette activité se fait en France, le reste étant réalisé à l’international.

Nous avons par ailleurs racheté une société en 2001, basée près de Lyon, et qui représente aujourd’hui entre 35 et 40% de notre chiffre d’affaires. Cette entreprise produit des «fils spéciaux», c’est-à-dire des fils spécifiques destinés à plusieurs branches industrielles notamment dans l’aéronautique avec l’Airbus (60% des fils pour le transport du courant électrique utilisés dans les Airbus sont issus de nos ateliers), dans la santé (pour les cathéters etc.), dans les télécoms (fils employés dans les relais hertziens), dans l’électronique, un peu dans l’automobile et enfin, dans la mode et la passementerie (fils revêtus d’or ou d’argent…), de manière plus annexe.

Au total, nos métiers ont une base commune (fils revêtus d’or ou d’autres métaux spéciaux, etc.) mais ils s’adressent à des marchés très différents et surtout, de niche. Notre politique consiste en effet à exploiter des niches pour en être le numéro un, en France et à l’international.

Votre principal concurrent allemand, Berkenhoff, a été lourdement impacté par la crise. Quel est l’état de la concurrence aujourd’hui ?
Nous avons des concurrents, sans en avoir… Dans le revêtement de surface, nous avons des concurrents mais ils ne font qu’une partie de ce que nous faisons. Cela étant, nous avons recentré notre activité en 2005, pour revenir à notre cœur de métier.

Sur les fils d’électroérosion, nous avions effectivement comme principal concurrent l’allemand Berkenhoff, leader mondial de ce marché et derrière lequel nous étions placés. Avec la crise, le groupe a déposé le bilan, vit aujourd’hui sous perfusion, ce qui nous a permis de passer en tête.

Enfin, sur l’activité des fils spéciaux, nous n’avons pas non plus un concurrent faisant la même chose que nous. Nous n’avons en réalité que de petits concurrents sur certaines parties de notre métier.

Vous avez inauguré votre site de production au Viêtnam en 2008. Quelle est la part de cette usine dans la production globale du groupe ? Quelles zones géographiques touchez-vous par son biais ?
Nous avons senti que nous perdions des parts de marché en Asie en raison des temps de transport et donc, des délais de livraison. C’est pourquoi nous avons décidé de nous implanter dans cette région, afin de faciliter notre pénétration de ces marchés.
En termes de production, cette usine représentait l’an dernier 20% du chiffre d’affaires de la branche électroérosion. Actuellement, elle doit représenter 20% des 80% du CA du groupe et elle monte en puissance mois après mois.
Cette position nous permet de prendre des marchés en Asie, notamment en Chine où nous rencontrions quelque difficulté d’accès jusqu’ici…

Allez-vous vous renforcer dans d’autres régions du monde, en Europe de l’Est ou du Nord par exemple ?
Nous n’envisageons pas du tout l’Europe. Notre stratégie consiste d’abord à vendre nos produits dans un pays donné. Si nous constatons que le business s’y développe, nous faisons une base logistique avec un certain nombre de produits et si, par la suite, nous nous apercevons que cette base nécessite davantage de produits, à ce moment-là nous envisageons la création d’une unité de production sur place…

Nous venons d’ailleurs d’implanter un service commercial propre à l’Amérique du Sud. Nous commençons à mettre en place une base logistique et il n’est pas exclu qu’à terme, nous construisions une unité de production là-bas, principalement pour la fabrication de fils destinés à l’aéronautique avec le numéro trois mondial du secteur, le brésilien Embraer.

Quel est l’impact du change sur vos résultats ? Avez-vous une couverture à ce niveau ?
Nous essayons d’avoir une couverture naturelle grâce à notre implantation au Vietnam, puisqu’elle se situe en zone dollar. Et puis, nous répercutons autant que possible la hausse du dollar sur nos prix. L’impact est assez marginal, mais peut tout de même atteindre 500 000 euros sur l’année…

Quel est l'impact des cours de métaux ?
Il est globalement neutre, dans la mesure où nous répercutons les cours de métaux sur le prix de vente de nos produits, avec un mois d’écart. Autrement dit, chaque premier du mois, nous mettons à jour nos tarifs et nous prenons la moyenne du cours des métaux du mois précédent, à l’exception des métaux précieux comme l’or, l’argent, le palladium etc., pour lesquels nous prenons le cours du jour pour établir la facturation.

Quelle tendance de l'activité se dessine pour le second trimestre ?

Etant donnée la croissance des principaux marchés du groupe en début d’exercice (aéronautique, télécoms, automobile et connectique), notre activité au second trimestre devrait être supérieure au trois premiers mois de l’exercice.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy