Interview de Joseph Felfeli : PDG d'ACTEOS

Joseph Felfeli

PDG d'ACTEOS

Nous ne ferons des acquisitions que dans un seul objectif: augmenter notre part de marché

Publié le 18 Octobre 2011

Un mot sur votre entreprise...
J'ai fondé il y a 25 ans Acteos avec pour objectif de développer l'ensemble des système d'information permettant de réduire le coût de la disponibilité des produits. Aujourd'hui en effet, n'importe quel consommateur est confronté à un problème quand il va faire ses courses et qu'il ne trouve pas le produit qui figure sur sa liste en raison d'une rupture de stock.
Or selon une étude de l'Harvard Business Review, la quote-part du chiffre d'affaires des produits en promotion d'un point de vente était en 1971 de 8%, elle tourne aujourd'hui autour de 40%. Cela signifie que d'un côté, certains produits sont en rupture de stock, et que de l'autre côté, il y a un surstock en raison des promotions.

Acteos fournit des solutions pour répondre à la fois au problème de rupture de stock mais également à celui du surstock. Le système d'Acteos consiste ainsi à supprimer la rupture de stock tout en baissant le niveau de stock au niveau du point de vente en agissant sur toute la chaine logistique. Cela se fait grâce à une prévision fine de la demande, mais il faut également un système d'optimisation du transport et un système d'optimisation du processus dans l'entrepôt. Acteos agit ainsi sur trois problématiques : l'approvisionnement, le transport et l'entreposage. Tout cela se traduit par des produits informatiques mis à disposition des entreprises manipulant des produits physiques leur permettant d'optimiser globalement le stock et d'agir ainsi sur les immobilisations qui paralysent actuellement bon nombre de sociétés, compte-tenu de la situation financière sur les marchés.

Quel a été votre niveau d'activité en 2011 ?
Nous avons publié des résultats semestriels très satisfaisants. Nous avons en effet dégagé au premier semestre un chiffre d'affaires consolidé de près de 5,9 millions d'euros, en progression de plus de 32% par rapport à la même période de l'exercice précédent. Nous avons par ailleurs enregistré un résultat opérationnel de 7% [du CA] et un résultat net de 8%.

La situation est donc très bonne, et en extrapolant ces performances sur l'année, mon objectif est d'atteindre une croissance à 2 chiffres, qui devrait se situer entre 10 et 20%. Je pense également que nous parviendront à accroitre notre niveau de rentabilité.

Au total, malgré la crise qui sévit, nous tiendrons nos objectifs. De fait, nous améliorons nos résultats depuis le second semestre 2008, où nous avons atteint l'équilibre ["break even"], et nous avons depuis travaillé sur l'organisation afin d'améliorer notre rentabilité, ce que nous avons toujours fait d'année en année. 2011 est donc l'année du retour à la croissance et nous devrions obtenir au second semestre de l'exercice en cours une rentabilité meilleure qu'au premier.

Quels ont été les moteurs de croissance sur la période ?
Notre business model repose sur le fait que nous sommes un éditeur-intégrateur. Notre croissance est donc purement organique. Cela étant, nous travaillons depuis septembre 2010 sur un autre business model qui consiste à passer par des intégrateurs [SSII], sachant qu'en tant qu'éditeur, nous garderions quelques grands clients pour lesquels nous resterons intégrateur. Ceci est de nature à augmenter sensiblement et rapidement notre rentabilité, dans la mesure où nous ne ferons plus que de la vente de licences.

Cela va également nous permettre de croître beaucoup plus vite puisque nous allons employer des ressources existantes chez les grandes SSII pour pouvoir accélérer notre développement organique...

Comptez-vous également faire des acquisitions dans cette optique ?
Il s'agit en effet de notre second axe de développement. Acteos est en mesure aujourd'hui de faire de la croissance externe, étant donné que nous n'avons pas de dette et que nous disposons d'une trésorerie excédentaire supérieure à 2,5 millions d'euros, et que nos fonds propres sont supérieurs à 4 millions d'euros. Autrement dit, notre capacité à lever des fonds par endettement est intacte.

Tout dépend maintenant des opportunités qui se présenteront, mais nous ne le ferons que dans un seul objectif : l'augmentation de notre part de marché.

L'Amérique du Nord apparait comme un nouveau relais de croissance, allez-vous y poursuivre votre implantation ?
Absolument! Nos démarches d'installation là-bas ont débuté en septembre 2010, et nous comptons bien les poursuivre même si nous nous sommes aperçus que ce marché est un peu plus difficile que prévu... Nous espérons y avoir nos premières commandes dès le début de l'an prochain.

Nicolas Sandanassamy