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Interview de Pascal Bantegnie : directeur des relations investisseurs d'Alcatel

Pascal Bantegnie

directeur des relations investisseurs d'Alcatel

Nous restons toujours attentifs aux opportunités de marché qui peuvent renforcer nos positions de leader

Publié le 25 Octobre 2006

Un commentaire sur les résultats du 3ème trimestre publiés mardi ?
Alcatel a annoncé un chiffre d’affaires de 3,34 milliards d’euros, en légère progression par rapport à l’année précédente, porté par une bonne performance dans les activités fixes et privées. Dans un environnement concurrentiel intense, le chiffre d’affaires des activités mobiles est en recul, mais les marges ont été préservées, ce qui est de bon augure pour le futur. La trésorerie reste excédentaire à plus de 700 millions d’euros, même après le paiement d’un dividende de 219 millions d’euros sur le trimestre.

Pour mieux comprendre nos résultats, il faut les remettre en perspective avec les chiffres publiés par Lucent Technologies qui ont été très bons, notamment dans le mobile. La combinaison des résultats des 2 sociétés démontre qu’une répartition clientèle et géographique plus équilibrée est indispensable.

Comment expliquez-vous la bonne tenue de l’activité fixe et l’érosion de la marge dans les mobiles ? Un redressement est-il envisagé à court terme ?
Alcatel est le leader incontesté des activités fixes et bénéficie de ses fortes positions dans l’accès large bande, les transmissions optiques et le routage IP. Le marché évolue favorablement grâce à la transformation des réseaux vers une architecture tout-IP à très haut débit. Nos activités ont cru de plus de 10% ce trimestre (hors réseaux sous-marins).

Dans le mobile, l’évolution vers les technologies IP et les nouveaux services vidéo n’est pour l’instant qu’en phase de démarrage. Dans la 2G, le nombre de projets de déploiements diminue dans les marchés émergents, et nous avons une politique commerciale sélective, pour éviter des contrats dont le risque est élevé à moyen terme. Dans la 3G, nos projets se concrétiseront une fois les opérations avec Lucent et Nortel conclues. Ce trimestre connaît une décroissance de 9 % dans le mobile, après avoir connu, pendant 24 mois consécutifs, une croissance annuelle de l'ordre de 25 % en moyenne, largement au delà de la croissance du marché.

Vous venez de signer un contrat majeur avec Mobitel pour déployer un nouveau réseau mobile en Géorgie. Quelle part représenteront à terme les marchés émergents dans vos revenus ?
Dans l’activité radio mobile, pour reprendre l’exemple de Mobitel, la part des pays émergents est de près de 80%. Mais pour l’ensemble du groupe, nous réalisons près d’un tiers du chiffre d’affaires sur ces clients. Avec Alcatel-Lucent, cette part baissera légèrement, puisque nous aurons une répartition géographique plus équilibrée entre l’Amérique, l’Europe, l’Asie et le reste du monde.

L’accord cadre mondial avec le groupe Vodafone fait partie des autres partenariats importants, qu’en attendez-vous en terme de croissance ?
Cette annonce ne comprenait pas de contrats de fournitures spécifiques dans l’immédiat, mais nous sommes maintenant un fournisseur clé et global de Vodafone. Nous allons donc pouvoir les accompagner dans leurs projets de convergence fixe-mobile, en étant intégré dans leur processus d’achat au niveau mondial et au niveau du groupe Vodafone, et non plus seulement au niveau local.

Vous avez annoncé mi-octobre avoir dépassé les 100 millions de lignes DSL livrées. Comment envisagez-vous conforter votre position de leader sur ce secteur ?
Au-delà de cette étape historique de 100 millions de lignes livrées depuis 10 ans, Alcatel est mondialement reconnu comme le leader mondial de ces technologies, qui sont la base des offres triple play d’aujourd’hui. Le troisième trimestre, avec 5,8 millions de lignes DSL livrées, confirme la bonne tenue de ce marché.
Au-delà du marché naturel de remplacement, le futur moteur de croissance des technologies d’accès réside dans la fibre optique jusqu’à l’abonné. Nous avons déjà remporté un contrat très significatif avec Verizon qui compte déployer 3 millions de lignes par an sur plusieurs années.

Sur le plan opérationnel, quelles seront les prochaines étapes de la fusion avec Lucent ?
La dernière étape réglementaire majeure est l’obtention de l’accord du CFIUS (comité des investissements étrangers aux Etats-Unis).

Disposez-vous d’une marge de manœuvre pour procéder à des acquisitions ciblées ?
Nous avons déjà d’ici la fin de l’année trois opérations stratégiques à finaliser : le rapprochement avec Lucent, le renforcement du partenariat de coopération avec Thales et l‘acquisition des activités d’accès radio UMTS de Nortel. Par ailleurs et par habitude, nous restons toujours attentifs aux opportunités de marché qui peuvent renforcer nos positions de leader.

Au regard des tendances actuelles, quels sont vos objectifs en terme de CA et de marge pour le T4?
Comme le périmètre du groupe doit profondément évoluer au cours du prochain trimestre, suite aux opérations stratégiques avec Lucent, Thales et Nortel, nous ne donnons pas de perspectives pour le quatrième trimestre.

Quelle sera votre politique en matière de dividende cette année ?
Le conseil d’administration d’Alcatel Lucent ne s’étant pas encore réuni à ce jour, il est difficile d’anticiper leur conclusion. Alcatel a versé 219 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires le 7 septembre dernier (0,16 euro par action) sur la base des comptes 2005.

Propos recueillis par M.L.H.

laetitia

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