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Interview de Marie-Jeanne  Missoffe : Gérante actions croissance européennes chez Mandarine Gestion

Marie-Jeanne Missoffe

Gérante actions croissance européennes chez Mandarine Gestion

Actions françaises 2014 : nous aimons les valeurs technologiques comme Gemalto ou Ingenico, les valeurs automobiles comme Renault, Plastic Omnium, Valeo, Faurecia, et les valeurs de l'aéronautique comme EADS, Safran, Zodiac

Publié le 11 Février 2014

Que vous inspire le marché des actions françaises cette année ?
Nous devrions observer une poursuite du rebond des actions françaises cette année. L’environnement économique est relativement meilleur. Les taux ont vocation à demeurer très bas en Europe sous l’impulsion du maintien d’une politique ultra accommodante de la Banque centrale européenne.
Les niveaux de valorisations s’ils ont beaucoup monté ces deux dernières années, ne sont pas du tout excessifs.

Si elles ont été révisées en baisse par rapport à la fin de l’année dernière du fait de la forte volatilité sur les devises émergentes, les perspectives bénéficiaires demeurent favorables. Au 7 février 2014, les bénéfices sont attendus en hausse de 13,9% pour les larges capitalisations, de 31,9% pour les moyennes capitalisations et de 55% pour les petites capitalisations.

Ces estimations vous semblent-elles plausibles ?

Au sein des petites et moyennes valeurs se trouvent de nombreuses valeurs cycliques. Les croissances bénéficiaires sont habituellement plus significatives en phase de reprise.
A contrario au sein du Cac 40 figurent davantage d’entreprises de biens de consommation dont la hausse des bénéfices est plus régulière.
Que voyez vous du coté des flux et des opérations capitalistiques ?
Plusieurs introductions en bourse sont dans le pipeline : Altice (la holding de Numéricable), GTT (le leader mondial dans les membranes qui équipent les cuves des méthaniers), Crossject et Oncodesign dans la biotechnologie. Ces entrées en bourse sont assez logiques dans une phase de redressement économique et après les performances boursières que l’on a pu avoir.
Des mouvements devraient également continuer à être notés dans l’activité des fusions-acquisitions, dans la mesure où la croissance externe est très recherchée. Des opérations devraient être faites en particulier dans le secteur des télécoms, avec Vivendi, Orange, Deutsche Telecom.

Si l’on combine hausse des bénéfices, expansion des multiples en raison des flux et opérations capitalistiques, quel potentiel de rebond cela nous donne ?
Un potentiel de 10% à 12% ne me parait pas aberrant surtout que l’on a des flux positifs émanant à la fois de la classe obligataire et de la classe des actifs émergents très chahutés du fait de l’ajustement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

Qu’en est-il de votre allocation d’actifs aujourd’hui ?
Nous avons un biais croissance. Or les grandes valeurs de croissance françaises sont des sociétés de consommation qui ont beaucoup performé en 2013 et qui sont notablement exposées aux pays émergents. Nous affichons un peu plus de prudence à l’égard de ces titres qu’il y a un an. Nous avons toujours un fort intérêt pour les valeurs technologiques comme Gemalto ou Ingenico du fait de l’essor que l’on constate dans le marché du paiement sur mobile.

Dans la partie cyclique, nous aimons biens le secteur de l’aéronautique (EADS, Safran, Zodiac pour sa croissance externe) et le secteur automobile (Renault en raison de son positionnement porteur sur le low cost, Plastic Omnium, Valeo, Faurecia qui est en retournement).

Nous apprécions Eurotunnel qui tire avantage du redémarrage du marché anglais, et des nouveaux contrats obtenus avec Deutsche Bahn qui devraient générer plus de trafic.

Nous misons aussi sur les titres de capital investissement avec Eurazeo qui a bien performé grâce à l’introduction en bourse de sa filiale Moncler, et Wendel qui détient Saint Gobain et a des participations non cotées en Afrique.

Nous avons aussi des lignes sur Areva qui devrait être stimulé par le plan gouvernemental d’investissement, et sur Sanofi dans le secteur de la santé.

Quels secteurs ou titres évitez-vous ?
Je suis très prudente sur les valeurs industrielles cycliques qui ont une faible marge bénéficiaire et souffre d’une concurrence vive comme Alstom ou Nexans.

Quels principaux risques entrevoyez-vous ?

Le premier risque que nous identifions est lié aux violentes fluctuations des devises. De nombreuses sociétés françaises sont très exposées aux marchés émergents. Beaucoup n’avaient pas anticipé l’ampleur des variations des devises, avec pour conséquence des répercussions négatives significatives.
Une autre menace est relative au ralentissement économique de plusieurs pays émergents. Plusieurs banques centrales de ces pays ont été contraintes de relever leurs taux directeurs pour défendre leur monnaie nationale, ce qui a un effet négatif sur la croissance domestique. Les tensions sociales pourraient s’accentuer dans cette région du monde.

La Chine constitue une source de préoccupation à part entière. La transition de son modèle de développement au profit de la consommation intérieure et aux dépens de l’investissement induit une incertitude à court terme. Hors les marchés réagissent fortement aux indicateurs manufacturiers chinois.
Au niveau plus européen, le danger serait que la reprise ne soit pas assez soutenue, que les bénéfices ne soient donc pas au rendez-vous et que les dettes des Etats soient manifestement alourdies.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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