Interview de Patrick Bertrand : Directeur général de Cegid

Patrick Bertrand

Directeur général de Cegid

Le marché des logiciels en mode SaaS croît de 35 à 50% par an

Publié le 18 Mars 2014

Cegid a publié un chiffre d’affaires stable mais un résultat opérationnel en forte hausse (+37%) en 2013. Votre bénéfice net a augmenté de moitié à près de 19 millions d’euros. Que vous inspirent ces chiffres ?
Le cœur de notre business (le chiffre d’affaires édition) a progressé de 7% cette année. Au-delà des chiffres, nous sommes satisfaits de voir les résultats d’une stratégie menée depuis plusieurs années, qui nous a amené à anticiper les besoins de nos clients en matière d’usages et à opérer progressivement un changement de business model. Cegid a ainsi été l'un des premiers éditeurs de logiciels BtoB à proposer ses produits en mode SaaS (Software as a Service). Aujourd’hui nous avons étendu ce mode de commercialisation et d’utilisation à l’ensemble de notre offre. C’est un marché qui croît de 35 à 50% chaque année et qui a fortement contribué à la hausse de notre chiffre d’affaires récurrent en 2013 qui représente aujourd’hui 57% de notre chiffre d’affaires total.

(ndlr : Le logiciel en tant que service ou Software as a Service (SaaS) est un modèle d'exploitation commerciale des logiciels dans lequel ceux-ci sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l'utilisateur. Les clients ne paient pas de licence d'utilisation pour une version mais, dans le domaine BtoB, payent un abonnement récurrent en fonction du nombre d’utilisateurs. On parle également d’informatique dans les nuages ou cloud computing).

Quelles sont vos perspectives pour l’année en cours ?
Après une année 2012 particulièrement difficile sur le plan macroéconomique, l’environnement économique s’est amélioré en 2013, même si cette amélioration reste très progressive. Certains secteurs comme l’industrie ont encore beaucoup souffert en 2013 et nos clients de ce secteur ont du mal à se projeter sur 2014. Mais dans l’ensemble, les entreprises continuent d’investir dans la modernisation de leurs systèmes d’information car c’est un moteur essentiel de compétitivité et d’efficacité opérationnelle. Nous constatons beaucoup de projets d’investissements dans l’amélioration des systèmes RH et paie, ainsi que dans le contrôle de gestion avec une forte attente en matière de production de tableaux de bord de pilotage. Nous bénéficions d’un bon momentum en France, comme à l’international, avec des implantations réussies au Brésil, aux Emirats Arabes Unis, et il y a quelques semaines en Russie. Nous sommes confiants et prévoyons de recruter une centaine de personnes cette année dans les métiers commerciaux mais aussi des analystes de données et des spécialistes du cloud.

Craignez vous la concurrence de spécialistes du cloud comme l’américain Salesforce ?
Nous ne sommes pas du tout en concurrence avec Salesforce qui est un éditeur de logiciels de gestions de la relation client (Customer Relationship Manager, CRM). Nous sommes spécialisés dans d’autres domaines applicatifs : paie/RH, retail, fiscalité, finance/contrôle de gestion, Profession Comptable,… avec, pour chacun de ces métiers, des logiciels adaptés aux métiers ciblés. Cela nous permet de nous différencier par rapport à d’autres très gros acteurs plus généralistes.

Prévoyez-vous des acquisitions ?
Le cash flow produit chaque année par Cegid lui permet de financer son développement, à la fois en matière de R&D et d’outils internes de productivité. Pour les acquisitions, nous disposons d’une ligne de crédit bancaire amortissable de 200 millions d’euros, disponible jusqu’en 2017-2018. Nous avons ainsi la puissance de feu financière pour réaliser des acquisitions entre 50 et 100 millions d’euros avec comme objectif stratégique de renforcer notre position et notre savoir-faire dans nos domaines de compétence.

Propos recueills par François Schott