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Interview de Pascal Bantegnie : directeur des relations investisseurs d’Alcatel

Pascal Bantegnie

directeur des relations investisseurs d’Alcatel

Il ne faut pas juger notre rapprochement avec Lucent sur un seul trimestre

Publié le 13 Février 2007

Un commentaire sur les résultats que vous venez de publier ?
Sur les 9 premiers mois de l’année, Alcatel-Lucent a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de 4% et une progression de ses marges à 7,3% des ventes. L’activité a été soutenue dans les communications fixes (accès large bande, transmissions optiques et routage IP), les activités mobiles nord américaines (CDMA) et les solutions aux entreprises. Les résultats du quatrième trimestre ont été clairement décevants, ayant pâti d’incertitudes créées par ce rapprochement auprès des clients et des équipes, ainsi que d’un marché difficile, notamment en Amérique du Nord. Les résultats du dernier trimestre ont donc impacté la performance sur l’ensemble de l’année 2006, dont le chiffre d’affaires ressort en très léger recul à 18,3 milliards d’euros avec une marge d’exploitation de 5,6% des ventes à 1 milliard d’euros.

Par ailleurs, notre plan de synergie, ajouté aux réductions additionnelles de coût, nous permettra de réaliser un total de 1,7 milliard d’euros d’économies de coûts avant impôt dans les 3 ans, dont 600 millions d’euros dès 2007.

Jugez-vous excessive la chute de votre titre qui a suivi la révision de vos prévisions de résultats ?
Il était important de donner des indications préliminaires au marché sur la performance du quatrième trimestre, au cours duquel la fusion s’est réalisée. Même si ces résultats ont été jugés décevants, ils ne sont pas représentatifs des bénéfices escomptés sur le long terme.

Sur le plan stratégique, quels sont vos axes prioritaires pour 2007 ?
Nous avons finalisé notre portefeuille de produits, il est totalement en ligne avec les domaines de croissance dans lesquels nous avons investi : l’IMS, les réseaux mobiles 3G, les services, l’optique de nouvelle génération, et l’accès haut débit fixe et mobile.

Est-ce que l’intégration de Lucent se déroule comme prévu ? Quelles sont les premières actions communes que vous allez développer ?
Comme je vous le disais, nous avons finalisé notre portefeuille de produits et nous travaillons sur l’optimisation de notre chaîne logistique, sur celle de nos services et sur la rationalisation des produits.

Comment voyez-vous le déploiement de la fibre optique en France ?
Alors que l’on touche les limites de la paire de cuivre et donc des débits que l’on peut atteindre avec les technologies DSL seules, on voit que les usages ont besoin de toujours plus de débits : la TV sur DSL, bientôt la TV haute définition, les jeux en ligne, le fait d’envoyer (et plus seulement recevoir) des fichiers très lourds comme vos vidéos de vacances ou vos propres créations. Face à cette demande, nous considérons que l’avenir passe forcément par la fibre, soit la fibre jusqu’à l’abonné quand c’est possible, soit un mélange de fibre au plus proche des habitations, et de technologie VDSL pour les derniers mètres.

A quoi attribuez-vous l’avance d’Alcatel dans le domaine du DSL ?
Nous sommes à la fois un acteur historique de l’accès DSL, et nous avons aussi su faire évoluer les technologies DSL pour répondre aux besoins de haut débit : on est passé de l’ADSL à 512kbit/s à plus de 15Mbit/s avec l’ADSL2+. Il faut bien se rendre compte que le fil de cuivre sur lequel on peut maintenant diffuser de la TV est le même ! Nous avons aussi su développer ou tirer parti de nouvelles applications qui tirent parti des débits permis par les technologies DSL : la TV sur IP, le partage de vidéos personnelles, la vidéo à la demande…

Quelle sera votre politique en matière de dividende ?
Pour l’exercice 2006, un dividende de 0,16 euro sera proposé à la prochaine AG du 1er juin 2007 à tous les actionnaires d’Alcatel-Lucent.

Le mot de la fin pour vos actionnaires.
Il ne faut pas juger le rapprochement de deux acteurs majeurs comme Alcatel et Lucent sur un seul trimestre. Que ce soit en parts de marché ou en portefeuille de produits et de solutions, nous sommes les mieux placés pour répondre à la croissance de notre marché et de nos clients, qui connaissent eux aussi une phase de consolidation.

Propos recueillis par M.L.H.

laetitia

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