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Interview de Didier Roman : Gérant du fonds Tocqueville PME

Didier Roman

Gérant du fonds Tocqueville PME

Les valeurs technologiques françaises: un choix gagnant

Publié le 16 Septembre 2016

Quels ont été les moteurs de performance du fonds Tocqueville PME depuis le début de l'année ?
La croissance bénéficiaire des entreprises est le principal moteur de performance du fonds. Depuis le début de l'année les small&mid caps profitent de la reprise en France et dans la zone euro. Dans ce contexte nous avons fait des choix sectoriels payants. Nous avons renforcé nos positions dans le secteur technologique, qui affiche de très belles performances et est aujourd'hui le principal secteur contributeur. Nous étions également positionnés sur Saft et Maurel & Prom qui ont tous deux fait l'objet d'offres de rachat. Seul le secteur biotech nous a coûté un peu de performance mais celle-ci reste positive au 31 août (+7,3%) de même que les flux de souscription.

Sur quelles valeurs technologiques avez-vous mis l'accent ?

Le secteur technologique connaît une phase de développement rapide dans de nouvelles applications. Ce sont les SMACS (Social, Mobility, Analytics, Cloud & Security). Il y a en France un vivier de valeurs moyennes – SSII, éditeurs de logiciels- positionnées sur ces créneaux porteurs. Je pense à des sociétés comme Devoteam, Groupe Open, Neurones, Infotel, ESI Group, dont les résultats sont en forte croissance. Toutes ces valeurs ont largement surperformé depuis le début de l'année : ESI a gagné 47%, Devoteam 38%, Group Open 35%, Neurones 25%. Aujourd'hui elles peuvent paraître chères mais les marges sont bonnes et la croissance devrait se poursuivre. Nous ne sommes qu'au début de la "transformation numérique" des entreprises et toutes sont concernées : grands groupes et PME.

Quels sont vos principaux paris pour les prochains mois ?

Parmi les petites valeurs présentant un fort potentiel, je citerai Inside Secure qui a vendu son activité de semi-conducteurs et s'est recentré sur les logiciels de sécurité pour objets connectés. Le titre a déjà doublé depuis le début de l'année mais il reste du potentiel avec le développement des applications de paiement sur mobile notamment. Parrot a lui-aussi fait fortement évoluer son business model, passant de la téléphonie pour la voiture et accessoires audio aux drones grand public et plus récemment professionnels. Le marché des drones professionnels est particulièrement prometteur avec des applications dans un large éventail de secteurs. Cependant ces applications mettent un peu de temps à se concrétiser d'où la chute du titre (-40% depuis le début de l'année) qui nous a semblé être une bonne opportunité d'achat. Dans les autres secteurs, nous regardons attentivement ce qui se passe du côté des matières premières, avec la stabilisation des prix du pétrole et de l'acier. CGG et Jacquet Metal sont de bons "calls" en cas de remontée de cours.

La volatilité semble faire son retour sur les marchés. Comment abordez-vous la fin de l'année ?
Je ne vois pas ce qui pourrait remettre en cause aujourd'hui la bonne performance des valeurs moyennes européennes. La volatilité est aujourd'hui plus forte sur les grandes capitalisations, dont les mouvements sont parfois accentués par les produits dérivés (ETF, etc). Le Brexit ou la politique monétaire américaine ne changent pas fondamentalement la donne pour des entreprises qui réalisent l'essentiel de leurs activités dans la zone euro. En termes de gestion, nous gardons un portefeuille diversifié et fortement dilué (70 lignes en moyenne dont aucune ne dépasse 5% de l'encours) ce qui nous permet de limiter les risques.

Propos recueillis par François Schott

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