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Interview de Frédéric Michelland : directeur financier de Nexans

Frédéric Michelland

directeur financier de Nexans

Toutes les conditions sont réunies pour bénéficier d’un environnement très porteur en matière d’énergie et donc en matière de câbles d’énergie

Publié le 14 Mai 2007

L’évolution positive du titre Nexans correspond-t-elle à vos attentes ?
Comme toute  société cotée, nous avons des ambitions élevées en terme de progression de notre  cours de bourse en tant que  reflet à la fois des bons résultats du groupe mais également de la clarté de sa  stratégie.

Nous sommes très satisfaits de la performance réalisée en 2006 ainsi que de la progression enregistrée  depuis le début de l’année 2007. Il est donc réaliste de considérer que la poursuite de nos bons résultats devrait s’accompagner d’une nouvelle progression du cours de bourse..

Pourriez-vous nous détailler la croissance organique par secteur ?
La croissance organique, en 2006, s’est élevée à 8,2% pour l’ensemble du groupe avec une croissance de 9,4% pour la seule activité câble.

En ce qui concerne l’activité énergie, la croissance organique a été de 11,3% en 2006, mais elle fut beaucoup plus faible dans les câbles Télécoms, à 1,7% pour la même année.

Vous avez indiqué en janvier dernier dans le cadre de votre nouveau plan stratégique 2007-2009 vouloir être moins dépendant des  secteurs plus cycliques tel que le Bâtiment. Mais vous annoncez aujourd’hui que ce secteur se porte mieux que prévu, ces résultats vont-ils influencer votre stratégie ?
Un de nos objectifs consiste à nous rendre moins sensible à la conjoncture. Effectivement, un des segments les plus soumis à la conjoncture est le secteur du Bâtiment, mais on bénéficie aujourd’hui d’un environnement porteur à la fois en terme d’évolution des volumes mais aussi de prix, avec des taux de rentabilité historiquement élevés, de plus de 10%. Pour l’instant, on constate une progression régulière de cette activité. Toutefois, nous n’avons pas l’ambition d’y consacrer de nouveaux investissements lourds. La croissance des câbles pour le Batiment sera fera essentiellement par croissance organique.

L’essentiel de nos investissements ira aux développements dans les infrastructures d’énergie et les câbles pour l’industrie. . C’est la raison pour laquelle,  le poids des infrastructures d’énergie, et celui des câbles pour l’industrie, devrait s’accroître dans le temps.

Par le renforcement naturel à la fois des infrastructures d’énergie et des câbles pour l’industrie, plus un certain nombre de secteurs à haute valeur ajoutée, on devrait peu à peu modifier l’équilibre entre les différents métiers du groupe et donc voire l’importance des métiers à plus forte visibilité se renforcer au sein du groupe.
Inversement, nous envisageons de procéder à un recentrage sur nos seuls besoins propres dans le secteur des fils conducteurs, avec déjà pour le premier trimestre de l’année, une réduction de près de 30% du CA externe réalisé.

Dans quel secteur et quelle zone géographique pourriez vous investir  ? L’Asie ou les Etats-Unis ?
En ce qui concerne les zones géographiques, nous nous intéressons effectivement aux Etats-Unis puisque nous y avons une présence dans les infrastructures d’énergie qui reste encore trop faible par rapport à la taille du marché. Il y a aussi des développements qui restent possibles dans le reste du monde que ce soit en Asie ou en Australe Asie, avec le rachat d’Olex, où nous avons déjà fait une acquisition relativement importante mais il y a encore de la marge pour des développements organiques.

Il y a également le Moyen Orient qui est un marché très porteur avec des occasions de développement, de nature plutôt organique, et enfin  la zone Amérique du Sud où nous ne sommes pas encore présents aujourd’hui à l’exception d’une implantation au Brésil où nous fabriquons des câbles haute tension aériens.

Donc, oui il y a bien des opportunités en terme de zones géographiques qui devraient nous permettre de construire un nouvel équilibre entre l’Europe, qui représente encore les 2/3 de notre activité, et le reste du monde.
En terme de métiers, les investissements iront prioritairement aux infrastructures d’énergie et aux câbles pour l’industrie.

Vous venez de mettre au point un câble supraconducteur avec American Superconductor Corporation. Qu’en attendez-vous en terme de retombées commerciales et financières ?
Il s’agit d’une technologie que l’on considère toujours comme expérimentale. Il est encore trop tôt pour passer au stade de la production industrielle, mais c’est une opportunité de développement intéressante. Etant donnée la complexité du produit, on peut imaginer que sa fabrication  se fera sur la base de besoins très ciblés.

Les derniers résultats électoraux pourraient-ils selon vous influencer l’évolution du secteur énergétique ou des Télécoms ?
Je crois que toute prise de conscience de la nécessité de procéder à des investissements significatifs en terme d’infrastructures d’énergie ne peut être que bénéfique pour l’industrie du câble et donc pour Nexans. Il y a aujourd’hui  consensus sur le fait que dans un certain nombre de pays mâtures, il y a d’énormes travaux à faire en matière de réseaux d’énergie et que dans un certain nombre de pays émergents, il y a d’importants besoins  d’installations.

Je crois que toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour bénéficier d’un environnement très porteur en matière d’énergie, et donc en matière de câble d’énergie. Le développement des énergies renouvelables devrait également contribuer à  une croissance du marché et donc de la demande en câbles.

Propos recueillis par N.S.

laetitia

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