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Interview de Gérard Hauser : PDG de Nexans

Gérard Hauser

PDG de Nexans

Nous allons assister l’année prochaine à une division de notre titre

Publié le 26 Juillet 2007

Le cours de votre titre vous paraît-il satisfaisant ?
L’évolution du cours du titre Nexans au cours des deux dernières années nous satisfait pleinement puisqu’il a augmenté de 142% l’an passé, et de 35% cette année. Un cours entre 120 et 140 euros nous satisfait donc tout à fait.

Vous aviez annoncé le mois dernier pouvoir dépasser les 7% de marge opérationnelle pour le 1er semestre. Quels ont été les ingrédients de cette réussite ?
C’est avant tout dû à la croissance et à des marchés très porteurs, qu’il s’agisse de l’énergie ou des télécoms. En fait, à peu près tous les marchés, tous les segments et toutes les zones géographiques ont été très porteurs.

Cette croissance de nos ventes est due à une croissance des sous-jacents, c’est-à-dire des moteurs de croissance, en particulier dans tout ce qui est infrastructures d’énergie où, incontestablement, nous avons eu une progression très forte. Par ailleurs, les prix dans le segment Bâtiment ont très bien tenu.

Ces bons résultats ont en effet été soutenus par la vigueur du marché du bâtiment. Quelles perspectives attendez-vous dans ce secteur ?
En Europe, nous ne voyons pas de signes de ralentissement, sauf peut-être en Espagne. La France et l’Europe du Nord affichent de très bons résultats. En Amérique du Nord, on dit que les marchés sont mauvais, mais il s’agit du marché résidentiel où nous sommes relativement peu présents.

Nous le sommes en revanche beaucoup plus dans le marché commercial (industriel ou tout autre bâtiment qui ne sert pas d’habitation). Sur ce sous-segment, l’activité nord américaine demeure bonne. Ceci dit, c’est un segment à cycle très court, il faut donc rester prudent.

Sur l’Europe, pour le premier semestre, nous ne voyons pas de signes de ralentissement. Aux Etats-Unis, la reprise aura peut-être lieu fin 2007 -personnellement je le crois- ou début 2008, mais de toute façon, qui vivra verra.

Vous venez d’annoncer une enveloppe d’investissements de 195 millions d’euros. Quels secteurs et zones géographiques allez-vous privilégier ?
Nous ne privilégions aucune zone en particulier. De gros dossiers sont actuellement en cours partout dans le monde, comme l’extension de notre capacité de production de câbles haute tension (HT), qu’ils soient terrestres ou sous-marins,  ou la création de l’usine de Ouglich au Nord de Moscou. Nous procédons aussi à l’extension de nos capacités en Corée, en Chine et en Australie. Enfin, on peut noter la fin d’un important programme d’investissements dans notre principale usine américaine qui se trouve dans l’état de New York…

A ce niveau d’investissements, à part les quelques grands chantiers que je viens d’évoquer, ce sera à peu près tout, mais il n’y aura pas une zone particulièrement privilégiée. Nous investissons aujourd’hui quasiment le double de nos amortissements, c’est justement pour faire face à la croissance du marché et en même temps, à la nécessité de réduire nos coûts.

Et pour la croissance externe…
Les deux principaux dossiers que nous étudions actuellement ne se trouvent pas en Europe, mais je ne peux pas vous en dire davantage pour l’instant. Il y en a un qui ne se trouve pas loin de l’Europe et un autre très loin, les deux cibles étant par ailleurs des câbleurs d’énergie.

Quelles sont vos perspectives de croissance et de marge que prévoit votre groupe ?
Nous avons annoncé que nous ferions plus que 7,6% de marge opérationnelle sur l’ensemble de l’année 2007. Il est un peu tôt pour dire si nous ferons beaucoup plus ou non, mais il faut rappeler que nous nous situons dans un domaine qui a peu de visibilité, puisque même les contrats avec EDF ou Airbus sont des contrats de pourcentage de fournitures, et dans la mesure où nous n’avons pas la base 100, c’est un peu compliqué.

Nous prévoyons que sur le troisième trimestre, il ne devrait pas y avoir d’inflexion. Le quatrième trimestre est en outre un trimestre très difficile à prévoir pour plusieurs raisons :
le mois d’octobre est très important en terme de facturation
en novembre, les gens préparent leur budget
et en fonction de la manière dont les clients appréhendent l’année suivante, le mois de décembre peut être très fort ou, au contraire, très faible si beaucoup de nos clients nous demandent de différer nos livraisons. Ceci étant, force est de constater que sur les trois dernières années, le mois de décembre a été un mois tout à fait satisfaisant et normal en termes d’activité et de résultats.

C’est en définitive le quatrième trimestre qui va déterminer le résultat de l’année. Ce que nous savons avec une quasi certitude, pour la seconde moitié de l’année, c’est que dans l’activité des câbles Haute Tension (terrestre et marine), le second semestre sera sensiblement supérieur au premier.

Le mot de la fin pour vos actionnaires…
Un actionnaire de Nexans aujourd’hui ne peut que se féliciter de son investissement et je ne peux que le remercier de sa confiance.

Par ailleurs, un actionnaire qui rentrerait aujourd’hui chez nous pourrait penser que les chances de réaliser des gains substantiels sont modestes. Je ne partage pas ce point de vue, je pense que le parcours de l’action va continuer d’être relativement brillant et le sera encore davantage dans les prochaines années.

En outre, je peux d’ores et déjà vous annoncer que nous allons assister l’année prochaine à une division de notre titre, sauf changement des fondamentaux de la bourse, qui devrait conduire à une meilleure fluidité pour l’actionnaire individuel.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy

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