Le non rétablissement du secteur résidentiel aux Etats-Unis est perceptible à la fois sur le plan des investissements réalisés mais aussi sur le front de la distribution des crédits hypothécaires, estime Anton Brender.

« Le nombre de mises en chantier demeure inférieur à celui d’avant crise. Peu de maisons sont construites comparativement à l’élévation naturelle du nombre de ménages sur le territoire » signale ce dernier.

Par ailleurs, plusieurs éléments témoignent du fait que les conditions d’emprunt hypothéquaire restent très difficiles. L’un d’entre eux a trait à l’évolution des ventes des maisons par rapport à leur niveau de prix. Jusqu’il y a peu l’essentiel des maisons achetées coutaient plus d’1 million de dollars. Or le cœur du marché résidentiel américain est davantage constitué des maisons valorisées entre 100 et 500 millions de dollars. Si une certaine progression a été relevée dans les maisons de moins de 100 millions d’euros, une poursuite de la contraction est observée sur les maisons de plus de 250 millions de dollars. « C’est là une caractéristique anormale de l’état du marché » commente Anton Brender.

La moindre inclination des ménages américains à acheter des biens immobiliers d’une valeur modérée s’explique très clairement par leur inaptitude à emprunter à des conditions suffisamment avantageuses. Malgré la niveau bas des taux directeurs de la Fed et des taux hypothécaires pratiqués en conséquences par les établissements bancaires, les conditions d’apport demeurent très dures en particulier du fait du resserrement des contraintes réglementaires. « Pour octroyer des profiled residential mortgages », les banques ont été obligées d’exiger un apport personnel plus conséquent afin de s’assurer que les emprunts effectués soient bien titrisables ».

L’économiste de Candriam en est convaincu : tant que le marché immobilier persitera à montrer des signes évidents de fragilité, la Fed perdurera dans une démarche très réservée s’agissant de l’augmentation des taux directeurs. « Les taux hypothécaires sont une variable clé dans la possibilité des ménages américains d’emprunter et de se porter acquéreurs de biens. Il est primordial que ces taux hypothécaires ne remontent pas violemment ». Anton Brender s’attend donc à ce que la Fed agisse cette année, en septembre ou en décembre, en raison du notable redressement du marché du travail perçu à traver l’accélération du rythme de création des emplois aux Etats-Unis et l’amélioration de la qualité des emplois créés (plus de temps complet, plus d’emplois à revenus intermédiaires). Toutefois, il est quasi certain que la Fed s’efforcera d’agir de manière très limitée, quasi indolore pour les taux longs américains.