Les Français se ruent sur la pierre. Au cours des cinq premiers mois de l'année, les volumes de transactions ont battu de nouveaux records dans l'ancien, selon les notaires. En mai le nombre de ventes réalisées au cours des douze derniers mois a atteint un niveau historique de 907 000, dépassant largement les précédents records établis en 2006, 2012 et 2016 (autour de 830 000 transactions).

La persistance de taux bas et la confiance retrouvée des ménages sont avancées comme les principales explications à cette embellie. "Il n’y a pas pénurie de biens à vendre, mais des biens qui trouvent preneur très rapidement. De cette situation résultent des ventes qui se font sans négociation, tirant les prix vers le haut", précisent les notaires.

Les prix ont ainsi augmenté de 1,6% en moyenne au premier trimestre par rapport au trimestre précédent, et de 2,7% sur un an. Avec une flambée de 5,5% du prix des appartements, à près de 9000 euros le mètre carré, Paris reste le "cœur du réacteur" mais les métropoles régionales comme Lille, Marseille ou Bordeaux sont également entrées en fusion.

"Il n’y a pas, pour autant, d’effet de bulle, car la plupart des achats sont faits pour se loger, dans un marché à 90% d’utilisateurs", assurent les notaires. Cependant ils s'inquiètent de l'écart qui se creuse entre les prix à l'achat et les loyers qui ont, eux, tendance à stagner. Dans les villes où les prix de l'immobilier ont fortement augmenté, "le rapport locatif se déséquilibre tant pour l’investisseur que pour le potentiel acquéreur qui pourrait trouver plus rentable de rester locataire ou de se délocaliser", soulignent-ils.

En outre, si la hausse des prix et des volumes devrait se poursuivre au cours des prochains mois, les perspectives pour l'année prochaine sont plus incertaines notamment en raison des mesures fiscales annoncées par le gouvernement. Hausse de la CSG, nouvel impôt sur la fortune immobilière, volonté de réallouer l'épargne des ménages vers les placements financiers et les entreprises…un cocktail susceptible d'"enrayer la dynamique actuelle" du marché immobilier.