L'année qui s'achève est d'ores et déjà historique pour le marché immobilier. Dans leur bilan 2017 publié ce mardi, les notaires de France font état d'une hausse de 15,5% des volumes dans l'ancien, sur les douze mois écoulés à fin septembre. Le nombre de transactions signées – 952 000 – est le "plus haut niveau jamais enregistré".

Ces chiffres corroborent ceux publiés la semaine dernière par la Fnaim qui estime le nombre de ventes sur l'ensemble de l'année 2017 à 986 000, tout proche de la barre symbolique du million. Les précédents records établis en 2006, 2012 et 2016 tournaient autour d'un chiffre nettement plus bas : 830 000 transactions. Pour Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim, le niveau exceptionnel des ventes en 2017 "s’explique par la solvabilisation globale de la demande grâce à une reprise très nette de l’emploi qui crée un climat de confiance. Un maintien des taux bas et un phénomène d’anticipation de la hausse des taux ont également généré une accélération dans la décision d’achat des ménages".

Et qui dit hausse de la demande dit progression des prix : elle atteint 5,1% au troisième trimestre sur un an pour les appartements, 3,1% pour les maisons, selon les notaires. Toutefois les prix n'ont pas tout à fait retrouvé leurs niveaux de fin 2011, en moyenne nationale, et des disparités fortes demeurent selon les régions et les villes, et notamment entre les fameuses "zones tendues" et les autres. Dans ce tableau, Paris fait figure de cas particulier avec une nouvelle flambée des prix sur des niveaux déjà très élevés. D'après le baromètre LPI-Se Loger, la barre des 9000 euros le mètre carré a été franchie en octobre dans une douzaine d'arrondissements de la capitale, soit une hausse de 7,8% en un an.







2018: un atterrissage en douceur?

Cette frénésie immobilière va-t-elle se poursuivre en 2018 ? Selon les notaires, l’activité et les ventes devraient se maintenir à un excellent niveau dans les prochains mois "mais sans connaître la poussée exceptionnelle des derniers trimestres". "Les taux de crédit à l’habitat attractifs, la conjoncture économique, le marché du travail en amélioration progressive et la volonté de devenir propriétaire" seront les principaux moteurs du marché, indiquent-ils.

Le responsable du baromètre LPI-SeLoger Michel Mouillart se montre plus prudent. "Depuis plusieurs mois déjà l'environnement de marché se détériore", souligne-t-il. "La hausse des prix constatée depuis un an a sensiblement affaibli la demande: d'ailleurs, rapporté aux revenus des ménages qui achètent un logement des logements anciens, les prix n'ont jamais été aussi élevés, même en 2007".

La cherté des biens, plus que la remontée des taux de crédit qui se fait de manière très lente, apparaît, à l'heure actuelle, comme le principal frein à l'achat immobilier. Le recentrage du prêt à taux zéro (PTZ) sur les zones les plus en tension et la suppression des APL "accession" à compter du 1er janvier risquent également de tenir un certain nombre de ménages à l'écart du marché. Enfin, "la question de l’impact des réformes de la fiscalité décidées dans le cadre de la loi de finances 2018 reste posée", selon les notaires qui s'interrogent sur les effets du nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI) en lieu et place de l'ISF et de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

Face à ces incertitudes la bonne santé du marché immobilier passe sûrement par une correction, ou plutôt par un "relâchement" sur les prix, comme le qualifie Michel Mouillart. "Au cours des trois derniers mois, la baisse des prix s'est constatée dans 65% des villes de plus de 150 000 habitants", observe le responsable du baromètre LPI-SeLoger. C'est selon lui le signe d'un "atterrissage en douceur" qui pourrait se poursuivre en 2018. L'occasion pour ceux qui ont un projet de le concrétiser avant une remontée probable des taux d'intérêt en 2019.